Définition et place de la revue analytique

La collecte des éléments probants constitue une étape importante dans la démarche de révision de l’auditeur. Parmi les moyens et les techniques dont ce dernier dispose pour réunir les éléments probants, figure la revue analytique.

Notre travail sur la revue analytique sera diviser en trois articles :

  • Le premier article précise la définition et place de la revue analytique
  • le deuxième article concerne les portées et limites de la revue analytique ici
  • le troisième article présente la mise en oeuvre de la revue analytique ici
  • Le quatrième article résume les techniques de revue analytique ici
  • le dernier article explique la revue analytique par cycle ici

I. Définitions de la revue analytique

Parmi les nombreuses définitions de la revue analytique, nous retenons la suivante :

« ensemble de procédures de révision consistant à :
– faire des comparaisons entre les données résultats des comptes annuels et des données antérieures, postérieures et prévisionnelles de l’entreprise ou des données d’entreprises similaires, et établir des relations entre elles ;
– analyser les fluctuations et les tendances ;
– étudier et analyser les éléments inhabituels résultant de ces comparaisons. » (Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes).

Il s’agit donc d’une des techniques de contrôle à la disposition de l’auditeur pour réaliser sa mission. Il convient toutefois de préciser que, si cette technique tient une place importante dans le déroulement de la mission de révision, elle n’a que rarement une force probante suffisante si elle est utilisée seule.

II. Place de la revue analytique dans la mission de l’auditeur

1. Collecte des éléments probants

Tant dans la réalisation des sondages sur les opérations permettant la vérification de la permanence du fonctionnement correct du contrôle interne que dans le contrôle des comptes, l’auditeur doit obtenir les éléments de preuve suffisants en qualité et en quantité pour fonder la certitude raisonnable lui permettant de se prononcer sur la certification de la régularité et de la sincérité des comptes annuels.

L’auditeur ne peut pas examiner l’ensemble des documents et des écritures comptables. Il doit donc procéder, dans la plupart des cas, par sondage.

Les différentes techniques dont il dispose pour atteindre ses objectifs sont :

– l’inspection physique et l’observation qui consistent à examiner les actifs, les comptes ou à observer la façon dont une procédure est appliquée ;

– la confirmation directe qui consiste à obtenir directement auprès des tiers qui entretiennent des relations commerciales ou financières avec l’entreprise, des informations sur le solde de leurs comptes avec l’entreprise ou sur des opérations effectuées avec elle ;

– l’examen des documents reçus par l’entreprise et qui servent de justificatifs à l’enregistrement des opérations ou à leur contrôle : factures fournisseurs, relevés bancaires par exemple ;

– l’examen des documents créés par l’entreprise : copies de factures clients, comptes, balances, rapprochements. Certains de ces documents peuvent avoir un caractère plus probant que d’autres ; par exemple, un procès verbal de conseil d’administration signé par les administrateurs aura, en général, plus de poids qu’une copie d’un bon de réception ;

– les contrôles arithmétiques ;

– les analyses, estimations, rapprochements et recoupements effectués entre les informations obtenues et documents examinés et tous autres indices recueillis ;

– la revue analytique ;

– les informations verbales obtenues des dirigeants et salariés de l’entreprise.

L’auditeur doit-il mettre en œuvre l’ensemble des ces techniques ou peut-il se limiter à certaines d’entre elles ? Peut-il privilégier l’une par rapport aux autres ? Quels sont les éléments qui vont guider son choix et motiver sa décision, notamment pour la mise en œuvre de la revue analytique ?

2. Choix de la mise en œuvre par l’auditeur

L’auditeur doit toujours rechercher la technique qui lui permet d’atteindre l’objectif de sa mission avec la plus grande efficacité. Pour ce faire, il retient la technique qui peut lui donner, dans les meilleurs délais, les éléments de preuves qu’il estime suffisants pour fonder son jugement.

Des critères précis ne sauraient être fixés, car le choix de l’auditeur dépend de l’environnement propre à chaque entreprise quelle que soit sa taille.

Chacune des techniques est donc mise en œuvre selon une intensité qui varie en fonction de l’objectif fixé. Le choix dépendra notamment de :

– l’importance relative des éléments à contrôler,
– la connaissance de l’entreprise,
– la qualité du système de contrôle interne et la fiabilité du système comptable,
– la situation financière de l’entreprise,
– les délais dont l’auditeur peut disposer,…

En ce qui concerne la revue analytique, le choix du niveau d’application et des diverses techniques utilisables est affaire de jugement professionnel de la part de l’auditeur.

La revue analytique est fondée sur l’existence de relations entre les données retenues et sur leur maintien en l’absence de raisons contraires. L’existence de ces relations contribue à fournir des éléments de preuve que les données provenant du système comptable sont complètes et fiables.

Toutefois, la confiance que l’auditeur accordera aux résultats de l’application des procédures de revue analytique dépendra de l’évaluation qu’il aura faite du risque que ces procédures fassent ressortir les relations attendues, alors même qu’il existe une erreur ou une omission importante.

Autrement dit, la revue analytique suppose qu’il existe une relation logique entre deux ou plusieurs données et que l’auditeur est en mesure d’identifier toute variation (ou absence de variation) anormale dans cette relation.

En fait, la revue analytique étant une technique de contrôle dont le caractère probant est généralement limité, elle sera rarement utilisée seule, mais cette technique est un apport essentiel dans la planification de la réalisation de la mission dans la mesure où elle contribue à confirmer les résultats des autres techniques utilisées.

3. Place de la revue analytique dans la démarche générale

La démarche de l’auditeur pour certifier les comptes annuels peut être résumée ainsi :

Définition et place de la revue analytique

Les procédures de revue analytique présentent la caractéristique de pouvoir être utilisées à divers niveaux de la mission de l’auditeur :

– lors de la prise de connaissance générale de l’entreprise : à ce stade, la revue analytique peut aider l’auditeur à mieux connaître l’entreprise et à identifier les domaines de risque potentiel, contribuant ainsi à une meilleure planification de la mission ;

– lors du contrôle des comptes : à ce stade, l’auditeur utilisera la revue analytique comme moyen de collecte des éléments probants sur la  vraisemblance ou le caractère raisonnable des comptes individuels ou des groupes de comptes ;

– lors de l’examen des comptes annuels : à ce stade, l’auditeur utilisera la revue analytique en vue d’acquérir la conviction que les comptes annuels sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle du résultat des opérations de l’exercice, ainsi que de la situation financière et du patrimoine de la société à la fin de cet exercice.

Au cours de la mission générale de l’auditeur, la revue analytique sert donc à la fois pour :
– appréhender les éléments significatifs de l’entreprise,
– contrôler certains comptes,
– et vérifier globalement la cohérence des états de synthèse.

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