Déroulement d’une mission d’audit

La fonction d’audit est une fonction de diagnostic et d’analyse par excellence, elle consiste à s’interroger sur le fonctionnement et le dysfonctionnement des organismes dans toutes leur globalité, par l’adoption d’une démarche originelle déductive/ inductive d’analyse. Cette dite démarche est fondée sur l’analyse du risque et de l’évaluation du contrôle interne.
Cette connaissance détaillée d’environnement interne et externe des organismes permet à l’auditeur d’établi un programme de mission qui comporte une combinaison de tests plus efficace et mieux adaptés aux conditions spécifiques se chaque type d’audit (interne, externe, publique,…).

I. Les étapes d’une mission d’audit

Il s’agit d’une démarche qui s’est développée grâce à son recours massif aux sciences sociales (psychologie, économie, sociologie), aux techniques quantitative de gestion (probabilité) et à l’informatique.

En effet, la démarche d’une mission d’audit est fondée sur l’analyse du risque et de l’évaluation du contrôle interne.

1. La prise de connaissance de l’entreprise

Cette connaissance détaillée de l’environnement interne et externe des organismes audités permet à l’auditeur d’établir un programme de mission qui comporte une combinaison de teste plus efficace et mieux adaptés aux conditions spécifiques de chaque type d’entité.

Et c’est dans cette étape que l’auditeur doit intégrer chacune des trois approches, déjà citées, pour pouvoir atteindre la totalité de ces objectifs.

Chaque approche nous mène à certain nombre d’étapes d’analyse et de vérification.

Cette prise de connaissance permet à l’auditeur de faire le lien entre les données comptables et les réalités qu’elles traduisent ; elle évite d’avoir une vue parcellaire des faits et situations et doit donc contribuer à une meilleur synthèse.

Il faut préciser que la prise de connaissance de l’entreprise est indispensable pour permettre à l’auditeur d’assimiler les principales caractéristiques de l’entreprise, son degré d’organisation, le comportement de ces dirigeants et principaux collaborateurs, de définir, aussi précisément que possible, la nature et l’entendue de la mission proposée.

Déroulement d’une mission d’audit

2. L’évaluation du contrôle interne

✓ Description des procédures :

Chaque service, chaque fonction de l’entreprise peut utiliser des procédures qui lui sont spécifiques ; c’est pourquoi la description des procédures doit se faire au cours d’une ou plusieurs entrevues avec les responsables de la fonction concernée par le biais de manuels ou instructions écrites par l’entreprise.

Pour matérialiser cette description, l’auditeur peut avoir recours à deux techniques :

  • La description narrative (appelé également : mémorandum)
  • Le diagramme de circulation (ou flow chart)

✓ Les tests de conformité :

L’auditeur doit s’assurer que la procédure qu’il a appréhendée est bien celle en vigueur dans un entreprise. C’est l’objectif des tests de conformité (appelé également tests structurels) qui permettent donc de vérifier que la description des procédures est bien assimilée et conforme à la réalité.

✓ L’évaluation préliminaire des procédures :

L’objectif de cette phase est de vérifier si les procédures sont bonnes. Il s’agit de la phase capitale de l’analyse des procédures qui permet de :

  • Dégager les points forts du système (sécurités du contrôle interne).
  • Déceler les points faibles du système (défaillances du contrôle interne).
  • Porter une appréciation sur les procédures. Cette appréciation constitue la première évaluation du contrôle interne ou évaluation préliminaire. elle porte sur la conception de l’organisation en place mais ne présume pas de sa bonne application par les exécutants.

Pour l’évaluation préliminaire du contrôle interne l’auditeur se sert des questionnaires de contrôle interne.

Ces questionnaires sont souvent de type « fermé » c’est-à-dire qu’ils sont conçus de telle sorte que les réponses aux différentes questions se font par « oui » ou par « non ».de plus, les réponses négatives ne traduisent généralement les faiblesses du contrôle interne qu’il convient ensuite d’examiner précisément.

✓ Test de performance :

Ces tests ne concernent que les points réputes forts de l’évaluation préliminaire. Ils ont pour objet de vérifier que ces points forts sont réellement appliqués et ce d’une façon continue.

La vérification de l’application permanente de ces points nécessite généralement des contrôles d’une certaine ampleur afin qu’ils couvrent l’ensemble de l’exercice. Ils doivent, en effet, contrairement aux tests de conformité, apporter à l’auditeur des éléments de preuve sur l’application des procédures en vigueur. Or dans l’impossibilité de contrôler toutes les procédures au sein de l’entreprise l’auditeur est oblige de se limiter son contrôle, d’où le recours à la technique des sondages.

✓ L’évaluation du contrôle interne :

A l’issu de cette étape l’auditeur est amené à distingue entre :

  • Les forces du système qui sont constamment applique (d’après les tests de permanence)
  • Les faiblesses du système qui sont de deux types :
  • Des faiblesses de conception décelées lors de l’évaluation préliminaire du contrôle interne.
  • Des faiblesses d’application résultant du non-respect des procédures mises en place l’entreprise (décelées lors des testes de permanence)

L’auditeur doit porter son attention sur l’analyse des faiblesses qui peuvent engendrer des erreurs au niveau des états financiers de l’entreprise.

L’analyse des faiblesses est faite en utilisant des feuilles de révélation et d’analyse de problème (FRAP), il s’agit d’un papier de travail synthétique par lequel l’auditeur documente chaque dysfonctionnement relevé lors de la phase de l’évaluation du contrôle interne.

L’analyse des faiblesses constatées va influencer certainement le jugement définitif qui doit être porté sur le contrôle interne. Et c’est en fonction de ce jugement que l’auditeur prépare son programme du contrôle des comptes dont l’importance et l’orientation sont déterminées par les résultats de l’évaluation du contrôle interne.

3. L’examen des états financiers

Au terme de l’évaluation définitive du contrôle interne et de l’analyse de ces faiblesses, l’auditeur peut définir plus précisément les champs de son intervention lors de l’examen final des comptes. Il élabore à cet effet un programme de contrôle adapté comprenant des vérifications dont la nature et l’ampleur dépendent notamment des résultats de l’analyse du contrôle interne.

Pour le contrôle des comptes l’auditeur entreprend une démarche se composant de deux volets : 

✓ La détermination des conséquences de l’évaluation du contrôle interne :

En fonction de ces forces et de ces faiblesses, l’auditeur allège ou renforce le programme de vérification directe des comptes. Un très bon contrôle interne peut par exemple le dispenser à l’extrême d’opérer un contrôle direct sur l’exhaustivité et la réalité des enregistrements par exemple, alors qu’une grande concentration de points faibles dans la conception du système du contrôle interne peut le conduire à ne tirer aucune conclusion de l’examen des comptes. 

✓ Les tests de cohérence et de validation 

L’objectif de ces tests est de permettre à l’auditeur de vérifier l’homogénéité des informations comptables et des informations opérationnelles dont il dispose. 

✓ Les tests de cohérence :

Ils ont pour objectif de rechercher des anomalies éventuelles au niveau des comptes de l’entreprise. Ces tests se font à partir de la revue des informations comptables et opérationnelles. 

✓ Les tests de validation: 

Ces tests ont pour objectif de vérifier les donnés de la comptabilité en les rapprochant de la réalité qu’ils traduisent.

4. L’achèvement de l’audit

L’ensemble des contrôles précédents doit en principe permettre à l’auditeur de formuler son opinion sur la qualité de l’information financière et sur la sincérité des comptes de l’entreprise et leur respect des lois et normes en vigueur. Trois types d’opinions peuvent alors être formulés dans le cadre d’un rapport de certification.

 

✓ Certification pure et simple (sans réserves) :

L’auditeur estime dans ce cas que les comptes sont réguliers et sincères et que les  états financiers donnent une image fidèle de l’activité de l’entreprise et de sa situation patrimoniale.

✓ Certification avec réserve(s) : 

Dans le cas ou l’auditeur constate une ou plusieurs irrégularités significatives mais dont l’importance n’est pas suffisante pour rejeter l’ensemble des comptes.

✓ Refus de certifier :

Dans ce cas les irrégularités constatées sont de nature à remettre en cause tous les comptes de l’entreprise

II. Documentation en Audit Comptable et financier

✓ Principes

Les dossiers de travail sont conçus et structurés pour chaque mission. Selon les circonstances et els besoins.

Le commissaire aux comptes est donc libre d’organiser comme il l’entend son dossier de travail. La structure de dossier est néanmoins usuellement fondée sur la distinction entre dossier annuel et dossier permanent.

Dossier permanent : Le dossier permanent regroupe l’ensemble des informations utilisables par l’auditeur sur toute la durée du mondât. Il est d’une certaine manière la « mémoire » de l’équipe d’audit et il facilite la prise de connaissance de l’entreprise auditée par les nouveaux intervenants. Il doit être :

  • être tenu à jour de modifications intervenues dans l’entreprise
  • être allégé des documents ne pressentant plus d’utilité pour els exercices futurs.
  • être complété des nouveaux éléments collectés dans le cours de missions sous la supervision des responsables et directeurs de mission.

✓ Le dossier permanent comprend généralement :

  • Des données de base sur la mission : fiche signalétique de l’entreprise et du mondât, lettre d’acceptation de la mission, de déclaration de mondât à la compagnie régionale des commissaires aux comptes ainsi que le cas échéant à AMF…etc
  • Des données de base sur l’entreprise et sur son organisation générale : historique, son activité des produits et marchés, des processus industriels..etc
  • Les éléments essentiels du cadre juridique : statuts, extrait K bis délivrés par les greffes des tribunaux de commerce, structure et évolution de la capitale sociale composition des organes d’administration et de direction, résumé des procès verbaux….etc.
  • Les éléments relatifs au cadre fiscal : régimes fiscaux particuliers, options et agréments fiscaux, liasses fiscales, convention d’intégration fiscale…etc.
  • Les éléments relatifs au cadre social : convention collective, accord internes d’entreprise..
  • Les rapports et documents émis par l’auditeur : rapports légaux, rapports contractuels, plan de mission, note de synthèse de la mission, etc.
  • Le dossier permanent des procédures pour les cycles significatifs : description des opérations et des procédures, diagramme de circulation de l’information, appréciation du contrôle interne…etc.

✓ Dossier annuel 

Le dossier annuel regroupe les documents de la mission, feuilles de travail et éléments probants produits et recueillis pour la réalisation de l’audit financier d’un exercice donné.

Le dossier général ou de synthèse peut notamment comporter :

  • Les informations relatives à la conception et à la planification de la mission, la nature, le calendrier et l’étendu des procédures d’audit financier mises en œuvre.
  • Les éléments relatifs à la finalisation : note de synthèse, tableau d’impact, rapports, lettres.
  • Les états de synthèse et les notes de travail correspondant aux procédures analytiques d’ensemble.
  • Les éléments correspondant à la mise en œuvre des vérifications spécifiques

✓ Le Dossier de contrôle

Peut être organisé par cycle ou en suivant les postes des états financiers. Il matérialise l’exécution des contrôles planifiés, explicite les raisonnements et appréciations de l’auditeur sur toutes les questions importantes nécessitant l’exercice d’un jugement professionnel ainsi que les conclusions qui en découlent. Il contient notamment les explications suffisantes sur les procédures d’audit.

  • Présentation du contenu du dossier :

La tenue et la présentation des données de travail doivent répondre à des critères de formes destinés à en faciliter l’utilisation. Ceux –ci porte notamment sur l’indexation du contenu du dossier. Tous els documents insérés doivent être indexés.

S’agissant de la présentation des feuilles de travail, il importe que celles-ci soient clairement présentées et lisibles et datés.

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