La consommation keynésienne

L’objet de cet article est de présenter la consommation keynésienne mais d’abord, on va définir la fonction de consommation.

La consommation

Pourquoi étudier la consommation ?

Un accroissement de la demande globale est de nature à inciter les entreprises à produire plus et par conséquent à demander plus de facteurs de production (K et L). Ces entreprises distribuent davantage de revenu. Les bénéficiaires de ses revenus effectuent à leur tour plus de dépenses. Ce cycle a tendance à se répéter plusieurs fois.

La demande globale englobe quatre composantes : la consommation Publique (G), la consommation privée (C), les investissements (I) et les exportations (X). Or dans la plupart des pays la consommation apparaît comme la principale composante de cette demande globale ; c’est pourquoi elle est au cœur du débat sur l’efficacité des politiques de relance par la demande.

L’étude de la fonction de consommation permet de montrer comment la demande peut être le moteur de l’activité économique.

Définition de la fonction de consommation

La fonction de consommation est une relation de comportement qui établit la relation entre la consommation et ses facteurs explicatifs.

J.M. Keynes est le premier économiste qui s’est intéressé, de façon approfondie, à la fonction de consommation en retenant comme facteur essentiel pour expliquer: le niveau de revenu disponible. En effet, l’expérience montre que plus  e revenu est élevé plus la consommation est importante.

Fondement, forme et propriétés

Fondement de consommation keynésienne

La fonction de consommation keynésienne découle de La loi psychologique fondamentale selon laquelle :

« Les Hommes sont déterminés en moyenne à accroître leur consommation  lorsque leur revenu s’élève mais pas autant que l’augmentation de leur revenu… ».

L’analyse de Keynes repose donc sur deux idées :

  • La fonction de consommation est une fonction croissante du revenu disponible  global ;
  • Les accroissements de consommation sont inférieurs aux accroissements de revenu.

Concernant la fonction d’épargne, Keynes affirme : « dans le tourbillon des acceptations divergentes, il est agréable de découvrir un point fixe. Autant que nous le sachions, personne ne conteste que l’épargne soit l’excès du revenu sur la dépense pour la consommation » En conséquence, l’épargne (S) peut s’écrire : S= Y-C.

Forme de consommation keynésienne

Il est commode de retenir comme hypothèse de travail la relation:

Ct = c yt + Co

Co = la consommation autonome ou le minimum incompressible.

yt = le revenu disponible de la période ( c’est à dire le revenu après impôt)

Propriétés de consommation keynésienne

  • P1 La fonction de consommation est fonction croissante de revenu disponible
  • P2 La propension marginale à consommer ( Pmc )qui représente la part de l’accroissement du revenu disponible consacré à l’achat de biens et services est positive mais inférieure à 1.

0 < ΔC / ΔY = Pmc < 1

0 ≤ c ≤ 1

P3 Si le revenu augmente, la propension moyenne à consommer (PMC) qui représente la proportion du revenu consacré à la consommation, diminue (PMC=C/Yt).

PMC > Pmc

P5  PMC + PMS = 1 et Pmc + Pms = 1

Exemple 

La fonction de consommation keynésienne

Pmc = 0.8                                  Ct = 0.8 yt + 100

St =0,2 yt – 100

Il apparaît un niveau de revenu Y*, pour le quel l’intégralité du revenu est consommée, et donc où l’épargne est nulle. Ce revenu correspond à un seuil de rupture car il marque le passage de la désépargne ( prélèvement sur un patrimoine antérieurement constitué ou emprunt) à l’épargne.

Effet d’une variation de la dépense sur le revenu

Le multiplicateur Keynésien

Les propriétés de la fonction de consommation keynésienne constituent le fondement de la théorie du multiplicateur et par conséquent le fondement des politiques économiques proposées où l’activité économique est tirée par la demande.

Le multiplicateur désigne le pouvoir potentiel dont dispose une économie à  multiplier sa production suite à un accroissement de la demande.

le mécanisme

Une variation de la demande implique une variation de la production. Cette dernière, génère des revenus qui à leur tour engendrent un accroissement de la  consommation ; donc de la demande et par la suite de production etc.

Exemple :

Considérons, une économie ou la Pmc= 0,8. Supposons que l’Etat décide de construire un barrage d’un montant égal à 100 MD.

Quel est l’effet sur le revenu, d’une telle action ?

La dépense initiale, soit 100 $, se traduit par un accroissement de la  réduction de 100 $ ce qui implique un accroissement de revenu de même montant. Les  bénéficiaires de ce revenu en dépensent 80 % soit 80 $ ( en consommation), ce qui induit une augmentation de la demande et de la production de 80 etc.

L’opération se répète plusieurs fois : Chaque revenu additionnel crée des dépenses de consommation à raison de 80 %; Ces dépenses génèrent à leur tour un montant équivalent de revenu.

Le multiplicateur

Y = 100 + 100*0.8 + 100 * (0.8)² + 100* (0.8)3+…

   = 100 ( 1+0.8+(0.8)²+…..) = [ 1/(1-0.8) ] * 100

   = 5*100= 500

C = cYd + Co

I= Io

Y=C +I + G

Y = c( Y-T) + Co + I + G

Y = 1/ (1-c) [Co + I + G – cT]

m = 1/(1-c)

Le multiplicateur Keynésien ( m) signifie que lorsqu’une composante de la demande globale augmente, la production augmente plus rapidement.

Selon la théorie de multiplicateur, il apparaît que l’Etat est capable de relancer l’économie par une politique budgétaire. Le budget comporte deux volets : celui des dépenses et celui des recettes :

Effet des dépenses publiques sur le revenu : Le multiplicateur budgétaire.

Δy = 1/ 1-c ΔG

Effet d’un prélèvement fiscal : Le multiplicateur fiscal

Une augmentation des impôts implique une diminution de la consommation. cette baisse engendre une baisse de la production et des revenus ; ce qui  implique de nouveau une baisse de consommation etc.

Δy = ( – c/1-c ) ΔT

Notons que le multiplicateur budgétaire est supérieur au multiplicateur fiscal ( ln valeur absolue).

Les limites de la fonction de consommation Keynésienne

L’Hypothèse formulée par Keynes dans la théorie générale n’est pas appuyée par une justification empirique, il s’agit d’une hypothèse avancée ( en raison de notre connaissance de la nature humaine….).

La confrontation de cette hypothèse à la réalité s’est faite ultérieurement et a  montré que la fonction de consommation keynésienne est vérifiée à court terme mais à long terme la propension moyenne à consommer est restée constante malgré l’augmentation de revenu des ménages.

La théorie du revenu permanent et celle du cycle de vie ont proposé des explications de la stabilité des comportements de consommation à Long terme.

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