l’épargne – théories, notion et déterminants

L’épargne correspond à la partie du revenu disponible des agents économiques, qui n’est pas consacrée à une consommation immédiate. Elle est donc considérée comme une consommation différée dans le temps

Pour les ménages, l’épargne est cette partie de leur revenu qu’ils ne dépensent pas en consommation. Ils vont en général le placer pour en retirer des revenus. Très souvent, cette épargne est faite en prévision d’un investissement futur (l’acquisition d’un appartement ou d’une maison), ou de l’achat d’un bien de consommation durable coûteux (automobile…).

Pour les entreprises, l’épargne brute est la partie des bénéfices après impôts qui n’est pas distribuée aux actionnaires. Cette épargne permet l’autofinancement des investissements et de l’amortissement.

Du point de vue de la croissance économique, la capacité d’épargne d’un pays joue un rôle fondamental. En effet, c’est sur elle que repose la capacité de financement de l’investissement: si le pays consomme une grande partie de la richesse créée chaque année, l’investissement risque bien d’être insuffisant pour assurer une croissance soutenue à long terme. En revanche, si l’épargne est forte, on peut craindre que la consommation soit ralentie et que les entreprises, ne trouvant pas suffisamment de débouchés à leur production, ce qui enclencherait alors un ralentissement de la croissance.

Cette capacité d’épargne est mesurée par le taux d’épargne qui est le rapport entre le montant de l’épargne et le revenu disponible brut multiplié par 100.

A la France, par exemple, ce taux d’épargne des ménages, calculé par rapport au revenu brut disponible, est de 18,8% en 2020 contre 14,8% en 2019.

Ce taux peut varier relativement, en fonction des prévisions que font les agents: s’ils craignent par exemple que la situation se dégrade, ils vont d’avantage épargné (c’est ce que l’on appelle de l’épargne de précaution). On peut remarquer que, en faisant cela, ils contribuent à ralentir la consommation ce qui contribue au maintien ou à l’accroissement du chômage.

Les principaux théories de l’épargne

L’analyse classique de l’épargne

Les Classiques analysent l’épargne et l’investissement comme la même dose. L’épargne thésaurisée par un individu doit être utilisée par un entrepreneur. A chaque moment, il y a identité entre l’épargne et l’investissement.

Pour A. Smith (1723-1790), D. Ricardo (1772-1823) et T.R. Malthus (1766-1834), il y a identité entre épargne (S) et investissement (I). Les agents économiques n’épargnent que pour investir ; toute épargne est donc à la fois une «non-consommation » et un achat de biens d’équipement.

Renoncer à consommer, c’est investir. On suppose qu’il n’y a pas de thésaurisation, c’est-à-dire pas de revenu conservé en monnaie.

Selon A. Smith e t D. Ricardo, l’épargne est source de croissance car elle se traduit par une accumulation de capital. Si elle est nécessaire, elle n’est pour autant pas une condition suffisante :

la division du travail et le progrès technique jouent aussi un rôle important.

Selon T.R. Malthus, un excès d’épargne qui est aussi un surinvestissement (il ne s’agit que d’une seule action), peut entraîner une crise de surproduction.

  • Hausse d’épargne implique une Hausse d investissement
  • Baisse du revenu consacré à la consommation implique une baisse de la demande de biens de consommation

Théorie néoclassique de l’épargne

Les néo-classiques reprennent l’analyse classique pour démontrer que l’épargne est un préalable nécessaire à l’investissement.

Pour eux, le niveau d’épargne est déterminé par le taux d’intérêt. En effet, dans le cadre de la théorie néoclassique, l’agent économique cherche à maximiser son utilité et lorsqu’il est amené à faire un arbitrage entre consommation et épargne, il va considérer ce que lui rapportera l’épargne, autrement dit, il va considérer le taux d’intérêt. Si celui ci est élevé, l’agent sera incité à épargner.

Puisque épargner permettra d’assurer des revenus importants dans le futur. A l’inverse, lorsque le taux d’intérêt est faible, l’agent a tendance à peu épargner, car l’épargne ne lui rapportera que peu de revenus dans le futur. C’est donc l’épargne qui précède la consommation. La variable clé des néo-classiques est donc le taux d’intérêt qui permet d’ajuster les deux niveaux.

Autrement dit, si le taux d’intérêt s’élève, on peut penser que les ménages vont épargner d’avantage car cela leur rapportera plus. Donc Des taux d’intérêt faibles conduisent à un surinvestissement et à une baisse de la rentabilité des entreprises et découragent l’épargne.

Le système de protection sociale et les traditions culturelles agissent également sur le taux d’épargne : si les retraites sont faibles, les ménages sont incités à épargner pendant leur vie active pour assurer leur existence dans leurs vieux jours.

L’épargne chez Keynes

Pour Keynes l’épargne est d’autant plus importante que le revenu est élevé. Un ménage à faible revenu ne satisfera pas ses besoins en consommation et n’augmentera pas son épargne suite à une hausse de son revenu, sa propension marginale à épargner sera proche de zéro. Par contre, un ménage à revenu élevé augmentera son épargne suite à une hausse de son revenu, sa propension marginale à épargner sera proche de un .la relation donc entre le revenu disponible et l’épargne est donc positive et croissante.

La théorie macroéconomique est aussi utile pour comprendre l’épargne actuelle grâce aux trois motifs de détention de la monnaie évoqués par Keynes : transaction, précaution, et spéculation. Le motif de précaution renvoie à l’épargne de court terme sur des placements liquides non contraignants au rendement. Le motif de spéculation renvoie à l’épargne de long terme par l’utilisation d’opportunités sur les marchés financiers pour des produits aux rendements incertains comme les actions et obligations.

L’approche keynésienne du comportement d’épargne est tout autre : c’est ici la consommation qui précède l’épargne. Le niveau d’épargne n’est pas déterminé par le taux d’intérêt mais par le niveau de revenu de l’agent. Celui ci consomme d’abord et attribue le reste de son revenu (celui qui n’a pas été consommé) à l’épargne.

La théorie de cycle de vie de franco Modigliani

Cette théorie est inspirée des travaux microéconomiques de Milton Friedman sur l’affectation « inter temporelle » du revenu pour élaborer une théorie des comportements de consommation et d’épargne ou cours du cycle de vie.

L’épargne dépend des besoins de l’individu, qui ne sont pas les même selon les étapes de la vie. L’épargne est négative au début de la vie d’un adulte : il s’endette pour financer ses besoins, et pendant sa période d’activité il consomme moins qu’il ne gagne, ce lui qui lui permet de rembourser son prêt, puis de constituer une épargne pour financer sa retraite. Une fois a la retraite, il puise dans son épargne pour vivre. L’épargne est une nécessité, indépendamment des taux d’intérêt et d’inflation.

La notion d’épargne

Définition de l’épargne

L’épargne correspond à la partie du revenu disponible des ménages qui n’est pas consacrée à une consommation immédiate.

L’épargne est donc, en sciences économiques, considérée comme une consommation différée dans le temps.
Chaque année, les ménages épargnent une partie de leur revenu disponible. Cet effort d’épargne se traduit donc par des flux monétaires qui vont alimenter le patrimoine des ménages.

Le patrimoine est donc constitué de l’ensemble des flux antérieurs d’épargne réalisés par les ménages.

les motifs de l’épargne

Les ménages pour trois raisons principales :

Disposer de liquidités : afin de permettre une dépense de consommation plus importante dans un futur proche.

Disposer d’une réserve : cette réserve constitue une marge de sécurité afin de faire face aux aléas de la vie (accident, maladie…).

Constituer un patrimoine : ce patrimoine peut prendre des formes de placements différents et sert soit à procurer un complément de revenu, soit à être transmis sous la forme d’un héritage aux descendants de l’épargnant.

Les différents types de l’épargne :

La thésaurisation

La thésaurisation c’est retirer l’argent du circuit économique en le conservant chez soi ou en le transformant en valeur non productive (achat de bijoux, d’or ou des pierres précieuses …).

L’existence d’une épargne thésaurisée dans une économie perturbe le circuit économique qui fonctionne lorsque tous les revenus distribués, par les entreprises à l’occasion de la production, reviennent vers les entreprises sous formes d’achats pour cette même production.

Dans ce cas d’une thésaurisation, une partie de cette production n’est pas écoulée. Ce qui entraîne ultérieurement une diminution de la production et une augmentation du chômage.

Placement (actifs financiers)

Il se traduit par une réinjection de l’épargne dans le circuit économique sous forme d’un dépôt dans une banque, d’un achat d’obligations ou d’actions ou d’un prêt. Il permet de transférer vers les agents économiques ayant un besoin de financement les capacités de financement des épargnants.

Epargne volontaire et épargne forcée

L’épargne volontaire est une épargne constituée volontairement par un agent économique. C’est le résultat de sa propre décision.

L’épargne forcée est réalisée par un agent économique suite à la décision d’un autre agent économique.
Exemple : prélèvements obligatoires effectués par l’Etat, les impôts directs et les impôts indirects et les cotisations sociales…

Epargne de précaution ou de sécurité

Cette épargne est effectuée pour faire face aux risques éventuels (maladie, perte d’emploi …).

Les cotisations sociales prélevées par les organismes de sécurité sociale peuvent être considérées comme une épargne de précaution, bien que forcée.

Les déterminants de l’épargne des ménages

L’épargne des ménages dépend :

  • La variation du revenu :

La revenue réelle exerce un effet de très grande importance sur le comportement d’épargne des agents économiques. Les keynésiens par exemple ont cherché à expliquer l’épargne globale par le niveau absolu du revenu. Ils ont conclu ainsi que la propension à épargner est plus forte là ou le revenu réel par tête est plus élevé.

Donc, l’une des causes les plus fréquemment citées pour expliquer la faiblesse de l’épargne dans les pays en voix de développement est attribuée à la modicité du revenu réel par tête. Il faut donc s’attendre à ce que le revenu par tête ait une influence assez importante sur les variables expliquées

  • L’inflation :

Les effets de l’inflation sur l’épargne, sont particulièrement ambivalents. Les mouvements
de hausse et de baisse des prix altèrent la valeur réelle des actifs, et du même coup celle de la
consommation globale.
6D’un coté pour conserver la valeur réelle de leur patrimoine financier, les agents sont
contraints à épargner plus, mais d’un autre coté, l’anticipation de l’inflation par les agents
économiques, peut les conduire à acheter dès maintenant ce qu’ils paieront plus cher plus tard.

Quand un ménage achète ou construit un logement, il diminue sa consommation, il augmente donc son épargne.

  • Le crédit à la consommation :

Quand le crédit à la consommation est bon marché, la consommation augmente au détriment de l’épargne.

  • Le taux d’intérêt :

Le taux d’intérêt influence en général l’épargne des ménages, un taux bas décourage l’épargne et inversement, il l’encourage.

  • Le taux de change :

Le taux de change joue un rôle important dans la mobilisation de l’épargne, il influe sur la capacité à attirer les capitaux des nationaux à l’étranger et à dissuader les nationaux à ne pas exporter leurs capitaux à l’étranger.

  • La fiscalité :

Les impôts peuvent être analysés comme une compensation entre épargne privée et épargne publique. Mais on se rappelle l’apport théorique des économistes de l’offre (Laffer et Mundell) sur l’éventuelle diminution du rendement de l’impôt. Il faut y ajouter l’effet décrit d’abord par Ricardo puis repris et actualisé par Robert BARRO selon lequel une augmentation du déficit entraînerait une augmentation de l’épargne de précaution pour parer à l’augmentation future des impôts (anticipations rationnelles des agents).

Un alourdissement de la fiscalité de l’épargne contre une diminution des cotisations sociales peut engendrer une petite augmentation du pouvoir d’achat, très symbolique. L’épargne en souffrira un peu au profit de la consommation et de la croissance. Dans le même temps, il alourdira temporairement l’impôt sur les sociétés. Un raisonnement keynésien.

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