les fondements de la comptabilité financière

les fondements de la comptabilité financière

  La comptabilité financière est un système d’information qui fournit des données sur les activités financières des entreprises, à plusieurs types d’utilisateurs qui ont besoin de ces informations pour prendre leurs décisions. 
   Les informations financières sont codées, enregistrées au jour le jour dans un journal et un grand livre et traduites selon des principes stricts et bien établis. Périodiquement elles donnent lieu à publication d’états financiers : bilan, compte de résultat et tableau de financement. 
Ces états doivent ensuite être interprétés afin de prendre des décisions rationnelles.
les fondements de la comptabilité financière

 Le domaine de la comptabilité financière

   La comptabilité générale est destinée à plusieurs types d’utilisateurs, elle se réfère à des principes bien établis, elle est fondée sur une relation de base et elle produit des états financiers.

Le rôle de la comptabilité

  La comptabilité est une forme habituelle de représentation de la vie d’une entité économique. Elle est, comme tout modèle ou langage, un filtre qui permet l’appréhension d’une réalité en transmettant des signes (Boussard, 1997). Pour ce dernier, la comptabilité a trois rôles fondamentaux :
  • un rôle pratique et opérationnel : certaines informations sont indispensables pour la vie quotidienne.
  • un rôle stratégique : les grands principes comptables sont liés aux rationalités économiques ou juridiques.
  • un rôle politique : la comptabilité permet de légitimer certains choix fondamentaux.

les objectifs de la comptabilité financière

  L’objectif des états financiers est de fournir de l’information sur la situation financière (bilan), la performance (compte de résultat) et les méthodes comptables retenues (annexe) d’une entité.
  La comptabilité remplit une fonction d’évaluation, d’aide à la décision, une fonction preuve et de contrôle.
  Par sa fonction d’évaluation, elle permet de rendre compte de la valeur des éléments retenus dans les états comptables : éléments d’actif et de passif du bilan, produits et charges du compte de résultat, informations complémentaires communiquées en annexe.
Elle aide les dirigeants à décider en leur communiquant des informations qui leur permettent d’agir.
 
  La comptabilité remplit également une fonction preuve car les livres comptables, qui ont un caractère officiel, constituent une base légale à l’analyse des litiges et des différents entre les acteurs de la
vie économique.
  Enfin, la comptabilité permet aux tiers d’exercer un contrôle sur la gestion des dirigeants. Les actionnaires peuvent ainsi contrôler les décisions de ces derniers, les salariés vérifier le mode de calcul de la participation ou de l’intéressement, l’Etat s’assurer des bases de calcul de l’impôt. 

Les utilisateurs de la comptabilité

De nombreuses personnes ont besoin d’utiliser la comptabilité financière et les comptes. Ce sont par exemple :
  • Les propriétaires de l’entreprise : l’entreprise leur appartient et ils sont intéressés par son fonctionnement actuel et futur. La comptabilité leur permet d’avoir une idée des performances actuelles par rapport aux performances passées et de savoir où ils en sont par rapport à leurs concurrents. Elle leur permet aussi à long terme d’envisager les conditions d’une succession.
  • Les actionnaires et les investisseurs : ce sont les propriétaires des sociétés mais ils peuvent, dans les sociétés de capitaux, se dégager plus rapidement que les propriétaires des entreprises familiales.
 La comptabilité leur permet de comparer leur société aux sociétés voisines, afin de la quitter sans regret si les performances des concurrents sont meilleures.
  • Les prêteurs en général et les banquiers en particulier : ils ont besoin de savoir si ils seront remboursés et si la société leur versera les intérêts annuels qu’elle s’est engagée à payer. Les états financiers, obtenus par des moyens légaux sur Internet ou dans certaines bases de données leur permettent d’apprécier les risques courus par leur placement.
  • Les concurrents sont aussi des consultants assidus d’Internet et des bases de données, car ils souhaitent se situer par rapport à leurs principaux rivaux. Les prêteurs sont plutôt intéressés par le bilan, les concurrents ont une préférence pour le compte de résultat qui leur apporte des renseignements sur le chiffre d’affaires, les marges commerciales, les frais de personnel et les frais financiers payés.
  • Les dirigeants et le personnel cherchent à savoir si l’entreprise est viable, s’ils ne devront pas en changer à brève échéance et s’ils seront payés à la fin du mois. Ils surveillent particulièrement le montant des charges et du bénéfice, et l’équilibre entre les dettes et la trésorerie qui permettra de les rembourser.
  • Les clients et les fournisseurs veulent savoir si l’entreprise avec laquelle ils sont en relation va continuer à exister et donc à assurer une partie de leurs achats et de leurs ventes. C’est le compte de résultat, avec ses charges et ses produits qui focalise leur attention, ainsi que le volume des créances et des dettes au bilan.
  • L’administration fiscale s’intéresse à tous les aspects de la comptabilité de l’entreprise car elle doit vérifier que les impôts payés ont été calculés sur une base correcte. L’administration fiscale a un large pouvoir d’investigation dans tous les domaines de la comptabilité de l’entreprise : pièces justificatives, tenue des comptes, établissement des états financiers, comparaison avec des entreprises de même taille et de même secteur.

Les propriétés de l’information comptable

Pour être utile, la comptabilité doit posséder un certain nombre de qualités :
  • la pertinence : elle doit être adaptée aux besoins particuliers de l’utilisateur ;
  • la fiabilité : l’information doit être exempte de toute erreur matérielle ou de biais ;
  • la comparabilité : les méthodes comptables retenues doivent permettre une comparaison de l’évolution des états financiers dans le temps et entre les entreprises ;
  • la neutralité : les choix des destinataires de l’information ne doivent pas être influencés par les préparateurs de l’information comptable ;
  • l’importance relative : il est inutile de tenir compte d’une information qui n’est pas significative pour les décisions des utilisateurs de l’information comptable ;
  • l’exhaustivité : l’information doit être donnée de manière complète ;
  • l’image fidèle : l’information communiquée doit être vraie, juste et établie de bonne foi 
  • l’intelligibilité : l’information doit être accessible pour toute personne ayant des connaissances de base pour comprendre les états financiers 
  • le délai de disponibilité : l’information doit être donnée dans un délai approprié, au risque de perdre toute utilité ; 
  • le caractère vérifiable : l’information comptable doit pouvoir faire l’objet d’un contrôle.
  Lassègue (1992) souligne la complexité de la mise en place d’un système d’organisation comptable et la relativité des options retenues : «la comptabilité est tiraillée entre des exigences contraires qu’elle ne parvient pas à satisfaire toutes : elle ne peut être qu’un compromis approximatif. Il est très important de
comprendre cet étrange paradoxe : la comptabilité fournit des chiffres authentiques, mais ces chiffres hésitent entre les bornes d’un intervalle étendu. 
   La raison est que la comptabilité n’est pas et ne peut pas être une «constatation passive» de faits qu’elle se bornerait à enregistrer ; elle est nécessairement une interprétation… Des informations qu’elle publie, il ne faut pas attendre une connaissance absolue, mais seulement une série d’indicateurs différents, approximatifs, révisables…» 

Les relations de base de la comptabilité

Relations de base :
Actif = Passif
Débit = Crédit
   Depuis le 13e siècles, mais surtout depuis 1494, grâce au moine italien Luca Pacioli on utilise le système de la comptabilité en partie double. Le principe est simple : toutes les opérations économiques sont enregistrées de deux manières différentes, ce qui fait que tous les documents ont deux parties,
une pour les augmentations et l’autre pour les diminutions, mais elles ont, selon le cas un nom différent.

 Relation de base dans le bilan

Dans le bilan on a la relation de base :
ACTIF = PASSIF 
le capital initial de l’entreprise étant considéré comme un passif au sens large. Au sens étroit on a la relation :
ACTIF = PASSIF + CAPITAL
ou encore :
ACTIF – PASSIF = CAPITAL

Relation de base dans le compte de résultat

Dans le compte de résultat on a une relation du même type :
CHARGES = PRODUITS
Le bénéfice annuel de l’entreprise est la différence entre les produits et les charges et on peut écrire :
CHARGES + BENEFICE = PRODUITS
CHARGES = PRODUITS + PERTE
ou encore :
PRODUITS – CHARGES = RESULTAT

Relation de base dans le budget de trésorerie et dans le tableau de financement

Et dans les budgets de trésorerie on a encore une relation du même type :
RECETTES = DEPENSES
ou encore :
RECETTES – DEPENSES = TRESORERIE

Relation fondamentale de la comptabilité

Ces relations peuvent paraître compliquées : rappelons-nous qu’au 13e ou au 14e siècle l’algèbre actuelle n’existait pas. Si on créait la comptabilité aujourd’hui, on aurait simplement :
 augmentation = diminution.
Depuis cette époque, dans le système de comptabilité en partie double on raisonne en débit et en crédit, avec :
DEBIT = CREDIT pour absolument toutes les opérations. 
Article précédentAnalyse critique des travaux de M. Porter
Article suivantLe produit intérieur brut (PIB)

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici