l’investissement : Définition, typologie et processus décisionnel

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Dans sa conception générale, un investissement est considéré comme une transformation des ressources financières en biens et services.

Cependant, cette conception générale se définit en tenant compte du contexte dans lequel on est placé : comptable, économique ou financier.

Définition de l’investissement 

On distingue trois visions de l’investissement :

Notion comptable de l’investissement

   Pour un comptable, l’investissement se confond toujours avec immobilisation durable, ce qui donne lieu à la notion de la durée de vie de ce dernier. À ce niveau on distingue :

  •  Des immobilisations liées a l’exploitation groupant l’investissement productif : les machines par exemple.
  • Des immobilisations hors exploitation telles que :
– Des achats de terrains à des fins spéculatives.
– Des achats de titres de participation à des fins stratégiques.
– Diverses réalisations à caractères sociales.

Donc le comptable considère l’investissement comme une affaire de bilan.

Notion économique de l’investissement

   La notion du dirigeant est la dominante dans cette vision. Pour lui, tout investissement est un sacrifice de ressources financières aujourd’hui dans l’espoir d’obtenir des recettes étalées dans le futur et dont le montant est supérieur aux dépenses occasionnées par la réalisation de cet investissement.

   Selon les termes de cette conception, on relève que l’accent est mis sur :

  • La durée de vie de l’investissement
  • Le caractère productif de cet investissement (rentabilité, efficacité de l’utilisation des ressources)
  • L’introduction du risque

   Donc, il est évident que la vision du dirigeant des investissements est plus large que celle du comptable

   le premier considère les investissements comme  un ensemble des ressources financières mobilisées pour l’achat des biens d’équipement que celle relevant des compagnes de publicité, de formation, de marketing…ces éléments sont conçues par le deuxième comme des charges d’exploitation alors que le manager elles constituent des dépenses dont les effets se prolongent sur plusieurs année visant aussi bien le renforcement de la capacité de production que l’efficacité des moyens de production.

3. La notion financière de l’investissement

   L’objectif final de financier est le maintien, durant la vie de l’investissement, de l’équilibre entre ressources et emplois.

   « Pour le financier, un investissement est un emploi long nécessitant un financement long par des capitaux permanents (capitaux propres et dettes à moyen et à long terme) et doit générer des revenus (recettes) afin de se rembourser (objectif minime) sur sa durée de vie ».

  Comme celle du comptable, cette définition est centrée sur le temps mais elle est plus générale et englobe :

  • Les immobilisations au sens comptable liées ou non à la production ;
  • Les dépenses classées par le comptable comme charge d’exploitation et qui correspondent au sens économique du terme à des investissements ;
  • Les immobilisations correspondant aux besoins de fonds de roulement (BFR).

   On constate donc que la notion de l’investissement est plus large et s’attache à saisir ce dernier dans une conception plus globale.

Typologie d’investissement

   Après cet aperçu rapide sur les différentes notions de l’investissement, une présentation brève sur les différents types d’investissements ainsi leur classement ne fait que préciser d’avantage ces derniers.

En matière d’investissement, on distingue trois types d’investissement :

typologie d’investissement selon sa nature

   Ce type de classement comprend trois types d’investissement

  • Les investissements corporels qui de matérialisent par les investissements industriels ou de nature commerciale et qui se dégage dans des actifs physiques.
  • Les investissements incorporels représentés par exemple par des droit de bail, brevet, licence ou des charges ayant un impact dans le futur telles que les dépenses de la formation et du perfectionnement du personnel, marketing …etc.
  • Les investissements financiers constitués par les placements et éventuellement par la prise du pouvoir financier dans d’autres entreprises.

typologie d’investissement selon son objectif

   L’entreprise pourrait engager cinq types d’actions donnant lieu à des investissements :

1) Maintenir les capacités de production existantes en procédant à des investissements de remplacement
2) Obtenir un accroissement de la capacité de production et d’expansion pour faire face à une demande élevée.
3) Améliorer sa productivité et pousser à la modernisation
4) Diversifier sa production et améliorer la fonction de l’innovation.
5) Créer les conditions réglementaires en matière de sécurité, d’hygiène… etc.
6) Améliorer l’ambiance de travail et le climat social.
7) Investissement et recherche de développement.

Selon l’objectif recherché, trois types d’investissements se dégagent donc :

  •  Investissement directement productif correspondant aux trois premières actions.
  •  Investissement obligatoire.
  • Investissement stratégique.

typologie d’investissement selon son risque et son secteur

Classement par risque : en générale, les investissements à haut risque sont des investissements de capacité ou d’innovation eu égard à leur liaison au marché qui est en avenir incertain.

  Par contre, ceux à faible risque sont les investissements relevant de la modernisation ou de l’amélioration de la productivité.

Classement par secteur : on distingue, généralement, deux type d’investissement :
  • Investissements publics : sont liées à l’État.
  • Investissements privés : investissements relevant au secteur privé

Typologie des investissements selon son objet

Les investissements de croissance : Ils sont destinés à assurer l’expansion de l’entreprise en développant les capacités de production et de commercialisation.

Les investissements de productivité : L’objet de cet investissement est d’abaisser les coûts en vue d’améliorer la rentabilité de L’entreprise.

Pour cette catégorie d’investissement, on le qualifie d’investissement de rationalisation et de modernisation.

Les investissements de remplacement : L’usure et l’amortissement des matériels de production nécessitent en permanence le renouvellement des outils les plus anciens. Le non-renouvellement conduira manifestement à une baisse de productivité et par conséquent à des pertes d’exploitation.

Les investissements à caractère stratégique : Ces investissements engagent l’avenir de l’entreprise en présence d’un degré d’incertitude élevé : R&D, diversification, retrait.

Les désinvestissements : Souvent négligés à tort, les décisions de désinvestissement sont parfois indispensables, surtout pour les firmes qui disposent des activités défaillantes, et qu’ils leur appartiennent de les abandonner si ces activités ou segment ne disposent pas de marchés prometteurs et encourageants.

Processus décisionnel de l’investissement

   Il est important, après cette brève définition de l’investissement et sur sa classification, de savoir comment se déroule le processus décisionnel en matière d’investissement.

L’acte de l’investissement

   La décision d’investissement engendre plusieurs intérêts qu’une simple étude d’opportunité ou technique peut les mettre en évidence. Ainsi, les études technicoéconomiques démontrent la possibilité de réalisation de l’investissement et jugent la rentabilité de celui-ci.
   À ces études technico-économiques s’ajoutent d’autres composantes sociales (emploi, formation, reconversion), fiscales et écologiques.
   Ces éléments là sont nécessaires avant la prise de la décision d’investissement pour vérifier :
  •  La comptabilité et la cohérence des projets d’investissements entre eux.
  • L’analyse de la comptabilité des projets d’investissement avec la stratégie de développement de l’entreprise.
  •  Les priorités arrêtées en fonction des contraintes financières de l’entreprise.

Le financement de l’investissement

   Comme on l’a dit au par avant, l’investissement constitue un emploi long nécessitant des capitaux permanents. Les sources de financement sont donc :
  • L’autofinancement composé des diverses réserves constituées au cours de l’exercice après impôts et distribution des dividendes, des dotations en compte d’amortissement et des provisions.
  • Le désinvestissement considéré comme la transformation en biens matériels ou immatériels des capacités oisives.
  • Les capitaux extérieurs : emprunts bancaire ou obligatoires, accroissement de capital ou subvention des équipements.
   Le montant de l’investissement doit être déterminé d’une manière précise du fait que les capitaux sont limités.
   Alors qu’en matière des affaires, les capitaux investis doivent être rémunérés d’où la nécessité des calculs de rentabilité prévisionnelle des projets d’investissement.
   En général, les investissements dont la rentabilité est inferieur ou coût du capital financier sont à éviter.

Le processus décisionnel

Raisonnement fondé sur les flux différentiels

Avant de se lancer sur cette quête de recherche de rentabilité d’un investissement et ses techniques de calcul, il importe de s’arrêter sur les principes fondamentaux qui président à toute mise en œuvre de la démarche de choix d’investissement.

L’appréciation d’un investissement par les flux de trésorerie dégagé

Comme nous l’avons vu précédemment, il importe de distinguer entre flux et non flux. Pour cela il vous appartient d’exclure les charges non décaissables (dotations aux amortissements) et les produits non encaissables (reprises).

Raisonnement en terme d’opportunité

Aucun investissement n’est jamais obligatoire, ce qui est indispensable pour un financier c’est d’investir pour assurer la pérennité de l’entreprise et créer de la valeur. Donc, il y a un choix entre Investir ou non, ce qui nous conduit à poser cette question du choix d’investissement. C’est ce choix qui nous permet de mettre en place un processus rationnel qui impose un raisonnement en coût d’opportunité.

Lié à la stratégie de l’entreprise, l’investissement indispensable est celui qui crée de la valeur et indispensable pour le déploiement de la stratégie.

prise en compte de la fiscalité dans la détermination des flux de trésorerie

La prise en compte de la fiscalité dans le calcul des flux de trésorerie est obligatoire, faute de quoi les calculs seront erronés et conduirons à des décisions biaisées, qui font abstraction des conséquences fiscales.

Choix d’investissement et choix de financement : deux décisions totalement indépendantes

Parfois on entend que les décisions d’investissement et les décisions de financement n’en font en réalité qu’une. Ceci est mauvais et fausse la réalité des situations envisagées. Il faut analyser séparément l’investissement et le financement ; c’est ce qui nous dicte la théorie financière d’aujourd’hui.

Dans ce sens nous reviendrons sur la notion de l’effet de levier. Intégrer ces deux décisions revient non pas à sélectionner l’investissement en raison de sa rentabilité mais réaliser une simulation du mode de financement à retenir : par les moyens propres de l’entreprise ou par recours à l’endettement

   Dans les articles qui suivent, on développera les approches scientifiques en matière de choix d’investissement ainsi leurs modes de financement.

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