l’influence de la technologie sur la structure – J. Woodward

Joan Woodward (1916-1971), professeur de management à l’Université de Londres, a passé de nombreuses années à étudier l’impact de la technologie sur la structure. Ses recherches, de 1953 à 1957, auprès d’une centaine d’entreprises industrielles anglaises, classées par type de technologie, montrent que pour cette époque un ‘best way of management’ n’existe pas! et que la technologie joue un rôle déterminant sur les choix organisationnels.

Les différences structurelles s’expliquent essentiellement par les différences de technologies employées. La technologie influence fortement la structure d’organisation. Voilà le début de la théorie de contingence dans laquelle la technologie de la production constituait la contingence la plus importante.

Trois modes d’organisation de production sont distingués:

  • la production des marchandises isolées : Il s’agit d’une production d’unité spécifique à chaque client, de prototypes, de petites séries spécifiques, etc. Elle s’exerce au sein d’entreprises flexibles au sein desquelles la communication est informelle et le poids de la hiérarchie relatif
  • la production de masse (en série) : Pour l’essentiel, cela désigne le mode de production de masse fordiste. La structure organisationnelle est plus hiérarchisée et le taux d’encadrement plus élevé.
  • la production en continu : Il s’agit d’une production continue de gaz, de liquides, de produits chimiques, généralement dans des usines polyvalentes. L’organisation repose sur des relations de travail horizontales, fondées sur la compétence et l’expertise et un fonctionnement par projet

L’étude des rapports entre l’organisation et la technologie permet d’aboutir à quelques conclusions. La production unitaire repose sur une ligne hiérarchique très réduite, un faible contrôle du travail et un enrichissement du travail pour l’ouvrier.

La production de masse privilégie la fonction de production et vise à développer des économies d’échelle permettant de réduire les coûts unitaires de fabrication.

Enfin, la production en continue nécessite un management par projets ce qui implique la maîtrise de compétences managériales et d’animation d’équipes de travail.

Par ailleurs, les travaux de Woodward montrent que, suivant le mode d’organisation de la production adopté, les entreprises vont privilégier une fonction prépondérante.

La production de petites séries implique de placer au premier plan la fonction marketing puisque c’est le client qui définit le produit.

La production de grandes séries place la fonction de production et les ingénieurs véritablement au cœur de l’organisation.

Le processus de production en continu conduit à privilégier une approche produits puisqu’ils vont déterminer la mise en place d’une organisation par processus et par projets.

En définitive, les travaux de Joan Woodward, une des rares théoriciennes des organisations, s’inscrivent dans la lignée de la théorie de la contingence structurelle. Elle développe bien l’idée que l’on ne peut pas dire qu’il existe une structure qui soit la plus performante pour toutes les organisation

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