Le marché du monopole : définition, fondements, caractéristques et typologie

le cours sur le marché du monopole est divisé en quatre articles, le présent article explicite la définition, les fondements, les caractéristques et les types du monopole. les trois autres articles présentent l’équilibre du monopole (ici), le monopole à gestion alternative et la théorie de discrimination par les prix.

I. définition du monopole

A l’origine le monopole est un terme grec: monos signifiant «un» et polein signifiant «vendre». En terme économique il désigne une situation marketing où il existe de nombreux acheteurs et un seul vendeur.

L’entreprise en situation de monopole fournit la totalité de la production de la branche considérée: plus précisément le monopole peut être caractérisé comme la situation dans laquelle un producteur unique d’un bien homogène est en présence d’une infinité d’acheteurs.

Pour la science économique, être en situation de monopole signifie qu’une entreprise peut changer le prix auquel son produit sera vendu sur le marché en modifiant la quantité qu’elle vend (pouvoir sur le prix: pouvoir sur le marché).

Le monopole n’est pas aussi simple à définir qu’on pourrait le penser, essentiellement, ce terme signifie qu’il n’existe qu’un seul vendeur d’un produit ou d’un service particulier.

La difficulté vient alors de la définition à donner à un bien ou à un service particulier.

Dans une certaine mesure, tout vendeur d’un bien différencié est un monopoleur car personne d’autre n’offre exactement les mêmes services que lui.

A vrai dire le monopole pur n’existe pas, autant que la concurrence pure et parfaite, car pour qu’il y ait monopole «pur», il faut que l’entreprise soit seule sur le marché, qu’elle ne subisse pas de concurrence de la part de producteurs nationaux ou étrangères et que le produit n’ait pas de proches substituts .

Le monopole peut être temporaire: on parle de monopole temporaire quand une entreprise à l’exclusivité de la production ou de la distribution d’un bien ou service pendant un certain temps.

C’est le cas notamment quand une entreprise est protégée de la concurrence par un brevet de fabrication qui empêche la copie (Laboratoires pharmaceutiques, quand une seule entreprise connait les techniques de production de produit (Hautes technologies).

Enfin le monopole peut être un monopole de marque, et non pas de produit, la plupart des produits des industries modernes sont différenciés et identifiés par une marque. Il y a bien le monopole de la marque, du type de produit fabriqué par la firme.

II. Les fondements du monopole

Différents facteurs peuvent conduire à l’établissement d’un monopole ou d’un quasi-monopole. Ainsi, à l’échelon local, les caractéristiques personnelles du propriétaire monopoleur peuvent bien lui amener tout le commerce.

D’autres raisons apparemment simples peuvent expliquer un monopole, mais de tels monopoles sont voués à une vie brève. Un monopole permanent doit reposer sur une base plus forte.

L’une des bases les plus importantes dans la formation d’un monopole est le contrôle de l’offre de matières premières. Un exemple intéressant de contrôle des approvisionnements par un monopoleur peut être tiré de l’histoire économique des Etats-Unis. La bauxite est un ingrédient nécessaire pour produire de l’aluminium.

Pendant de nombreuses années, une entreprise américaine qui faisait la production de l’aluminium (ALCOA) a possédé presque tous les gisements de bauxite au Etats-Unis. Le contrôle de l’offre de cette ressource, associé à la détention de certains brevets, donnait à (ALCOA) un monopole absolu sur l’aluminium.

La présentation du cas d’ALCOA met en une lumière une autre source importante de monopole qui est la législation sur les brevets. Cette pratique permet à un individu de demander et d’obtenir le droit exclusif de produire un certain bien ou de produire un bien au moyen d’un procédé particulier.

Le brevet a un délai déterminé et peut être renouvelé au-delà de cette limite. Il est évident que de tels droits exclusifs peuvent aisément conduire à un monopole. ALCOA est un exemple de monopole fondé à la fois sur le contrôle de la ressource et sur les brevets.

En dépit de ces exemples notables, le monopole obtenu grâce à un brevet Peut être assez différent de cela dans de nombreux cas. Un brevet donne à quelqu’un le droit exclusif de produire un bien particulier spécifié avec précision ou d’utiliser un processus particulier lui aussi très bien spécifié pour produire un bien que d’autres ne peuvent produire.

Mais un brevet n’empêche pas le développement de biens qui sont des substituts étroits ou de processus de production très proches.

‘’International Business Machines’’ disposent du droit exclusif de produire des machines I.B.M mais d’autres ordinateurs sont également disponibles et la concurrence est forte sur le marché des ordinateurs. La même observation s’applique aux procédés de production.

Une troisième source de formation du monopole, vient du coût d’établissement d’une usine de production efficiente (les économies d’échelle), en particulier en liaison avec la taille du marché. Cette situation est fréquemment baptisée monopole <naturel>.

Elle survient lorsque le minimum du coût moyen de production est obtenu à un niveau où la production est plus que suffisante pour satisfaire les besoins de tout le marché à un prix qui couvre le coût total.

Pratiquement tous les services publics sont des monopoles naturels. Les compagnies municipales des eaux, les compagnies d’électricité constituent des exemples de monopoles naturels au niveau local et national.

Le dernier facteur d’apparition d’un monopole qu’il faut évoquer est celui de la concession d’un marché. L’usage de la concession est fréquemment associé aux monopoles naturels et aux services publics.

La concession d’un marché est en réalité un contrat entre un organisme public (par exemple, une municipalité) et une société commercial. L’organisme public accorde à la société commerciale le droit exclusif de vendre un bien ou un service à l’intérieur de ses limites territoriales de souveraineté.

De son coté, la société commerciale accepte que l’organisme public contrôle certains aspects de sa politique de vente. L’organisme public peut, par exemple, limiter ou tenter de limiter le taux de marge ou le taux de profit de la
société. Dans d’autre cas l’organisme public peut fixer le prix et permettre à la société de gagner tout ce qu’elle peut à ce prix.

III. Les caractéristiques du monopole

1- L’absence de l’atomicité :

L’absence de l’atomicité n’est plus vérifiée car il y a un seul producteur mais un nombre important de consommateurs. Contrairement aux autres marchés. Le monopole se caractérise par l’unicité de la masse productrice. En effet, dans ce modèle, le producteur est un faiseur de prix (price maker) est non pas le commissaire priseur qui est le fixateur du prix dans le marché de CPP.

2- Différenciation des produits :

A l’instar de la CPP, le monopole réfute l’homogénéité au profit de la différenciation par nature ou par qualité. Il détient la clé de la préférence des acheteurs à l’égard des vendeurs. Ceci s’explique par une viscosité de la demande : un monopoleur peut imposer des prix différents pour une même quantité.

3- La transparence : (L’immobilité de l’information)

Au lieu de circuler, l’information stagne à un seul niveau.

4-L’incontestabilité du marché : hypothèse de fluidité

Le monopole contrôle les entrées et sorties du marché, il détient la branche et peut même y mettre et y attribuer des conditions. Ce critère de la concurrence imparfaite contredit les principes libéraux d’absence de barrières à l’entrée, à la sortie et à la mobilité.

Le monopole est ainsi protégé de l’entrée de nouveaux concurrents potentiels par des barrières existent telles que:

  • Contrôle de matières premières essentielles à la production du bien
  • Franchise donnant le pouvoir à un producteur d’offrir un bien/service dans une région donnée
  • Droits d’auteur donnant le droit d’exploiter une invention pendant une période donnée, variable selon les pays
  • Economies d’échelle où les productions sont caractérisées par un coût fixe important et un coût marginal constant et relativement faible. Dans ces conditions, le coût moyen est sans cesse décroissant. Cette situation conduit naturellement à un monopole.

5- L’immobilité des facteurs de production :

Les entreprises ne peuvent pas déplacer leurs facteurs de production d’un secteur à autre, ou d’une région à autre sans assurer des coûts de transferts. Elles résultent principalement de l’existence ou la mise en place de barrières à l’entrée. Elles peuvent aussi résulter du comportement des offreurs.

6- Absence de substituts proches

  • Les élasticités-prix croisées doivent être faibles voire nulles ;
  • L’évolution technologique peut modifier l’élasticité-prix croisée (apparition de nouveaux produits) ;

IV. Les types de monopole

Les monopoles peuvent être classés en raison des sources de leur existence ou de leur statut juridique privé ou public. On distingue ainsi classiquement :

Les monopoles légaux ; dont l’existence découle d’une loi ou d’une mesure réglementaire, les monopoles naturels, dont l’existence est le produit de la structure des coûts du secteur économique et en fin ceux dont le monopole trouve sa source dans d’autres comportements (performance économique supérieure, propriété d’un standard, manœuvres
illégales, …).

– Monopole légal ou institutionnel : il doit sa position à un droit octroyé par une autorité publique.

Le Monopole légal procède de l’intervention d’un organe réglementaire (Etat ou Collectivité) qui restreint la concurrence sur un marché donné (aménagement du territoire, bien stratégique, ..). Le monopole légal peut prendre la forme d’une licence d’exploitation exclusive accordée à un agent privé ou celle d’un monopole public, opéré par la collectivité elle-même.

Cette exclusivité donne le droit d’un privilège qui autorise le producteur en question à monopoliser tel ou tel marché.

– Monopole naturel : il doit sa position à la nature du produit et à sa fonction de coût (coût fixe élevé).

Un monopole naturel est un monopole dont l’existence découle d’économies d’échelle si importante qu’une seule entreprise peut fournir l’ensemble du marché tout en restant plus compétitive que tout autre concurrent.

Dans ce type d’industrie, la concurrence tendra à diminuer au fur et à mesure qu’une entreprise, souvent la première arrivée sur le marché, se développe et tire partie d’un coût moindre.

Dans ce type d’industries, le monopole peut être plus efficace que la concurrence, bien que certains considèrent que cette conclusion ne soit toujours robuste à des arguments d’efficacité dynamique, lorsque l’existence d’un monopole empêche la mise en place d’une technologie concurrente plus efficace.

– Monopole Innovateur

Le monopole Innovateur trouve sa source dans d’autres comportements (performance économique supérieure, propriété d’un standard, manœuvres illégales,…). L’innovation apporte à l’entreprise un pouvoir de monopole, au moins de manière temporaire.

Par ailleurs, et par rapport aux consommateurs, le monopole peut prendre différentes formes :

– Monopole bilatéral :

Le monopole trouve sa source dans d’autres comportements (performance économique supérieure, propriété d’un standard, manœuvres illégales, …). Il y a monopole bilatéral lorsqu’il n’existe que deux participants au marché, un vendeur unique et un acheteur unique

– Le monopsone :

Contrairement au régime du monopole dans lequel un seul vendeur offre son produit à un grand nombre d’acheteurs, le régime du monopsone se caractérise par la confrontation d’un seul acheteur et d’un grand nombre de vendeurs.

– Le double monopole :

On peut également rencontrer le cas d’une entreprise commerciale qui achète toute la production d’un produit régional typique, et qui se trouve de ce fait seul vendeur de ce produit sur le marché national ou international.

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