Objet de la science économique

L’objet de la science économique est de parvenir à satisfaire les besoins des individus et des groupes et d’étudier comment les richesses se créent, se distribuent et se consomment.

Autrement dit, l’objet de l’économie politique est de gérer et de lutter contre la rareté. L’objet de la science économique est donc de montrer d’une manière scientifique la meilleure façon qui permet un certain bien être social général.

I- L’économie est une science de la richesse

Citons quelques définitions qui se basent sur la notion de richesse :

D’abord l’économiste classique J.B Say dans son ouvrage « traité d’économie politique » : a donné la définition suivante : L’économie politique enseigne comment se forment et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés.

Ensuite J. Garnier présente la définition suivante : L’économie politique est la science de la richesse c’est-à-dire la science qui a pour but de déterminer comment la richesse est, et doit être le plus rationnellement, produite, échangée, répartie, employée dans l’intérêt des individus comme dans celui de la société toute entière.

Une autre définitions donnée par Adam Smith considéré comme père fondateur de l’économie politique, qui a publié dans son ouvrage pionnier « Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations » :

« L’économie politique, considérée comme branche de la science de l’homme d’Etat et du législateur, se propose deux objets distincts d’abord de fournir à la nation un abondant revenu ou de larges moyens de subsistance, ou plus exactement de mettre la nation en mesure de se les procurer à elle-même; en second lieu, de pourvoir l’Etat ou la communauté d’un revenu suffisant pour rémunérer les services publics. Elle a pour but d’enrichir à la fois la nation et le souverain. »

Le titre de cet ouvrage est en lui-même une définition de l’économie qui a été adoptée par la plupart des auteurs à l’époque.

En suivant ces définitions, l’enrichissement est le but fondamental de l’individu et de la société.

La science économique est définie alors comme la science de la richesse. Toutefois, en définissant la richesse, ces auteurs n’ont retenu que l’aspect matériel ce qui fait qu’une grande partie de l’activité économique est exclue du champ de l’analyse.

Or, dans les sociétés modernes, avec le développement des métiers de la banque, de l’assurance, et des services, la richesse s’étend forcément à l’immatériel.

Cependant, en vue de recentrer la richesse autour d’une conception simple : est considéré comme richesse tout ce qui satisfait un besoin, tout ce qui a une utilité. Comment mesurer cette utilité ? Et qu’est ce qui donne de la valeur à un bien ?

II- L’économie est une science de l’échange marchand

Recentrer la richesse autour de la notion de besoin revient à considérer l’économie comme la science de l’échange marchand puisque la notion de l’utilité est subjective et ne peut être mesurée qu’à travers l’échange moyennant un prix.

C’est à travers l’échange que la valeur d’un bien ou d’un service se manifeste ; cet échange s’opère à travers les marchés. Par conséquent les marchés sont au cœur de la science économique dans la mesure où ils permettent de vérifier l’utilité des biens et de mesurer donc
leurs valeurs.

Ces marchés fixent le niveau général des prix, l’économie devient alors une science des prix puisque ce dernier n’est que le résultat de l’échange ; est économique tout (et seulement) ce qui peut se traduire par un prix. Cette conception de l’économie a présenté un intérêt pour plusieurs auteurs qui ont orienté leurs préoccupations théoriques sur l’étude de la formation des prix.

Néanmoins cette approche pose quelques limites :

Les économies primitives sont des économies sans échange ;

Selon cette conception, l’économie ne s’intéresse aux activités humaines que dans la mesure où elles s’échangent sur un marché puisqu’elles expriment un besoin. Or certaines activités, bien qu’elles expriment un besoin n’engendrent pas un prix : activité religieuse, besoin d’appartenance… ;

Apparition d’une branche de l’économie qui s’appelle économie publique, c’est une production non marchande, les biens publics, qui bénéficient à toute la collectivité. Ce sont essentiellement les services de santé, d’éducation et d’infrastructure.

Une troisième conception permet de tenir compte des insuffisances citées ci-dessus, définit l’économie comme la science des choix efficaces. En effet, les biens publics et les activités religieuses sont des choix délibérés de la part des individus et des pouvoirs publics ; l’économie est donc une science des choix efficaces.

III- L’économie est une science de la rareté et des choix efficaces

Lionel Robbins, dans son ouvrage paru en 1947, « Essai sur la nature et la signification de la science économique », a donné la définition suivante : « L’économie est la science qui étudie le comportement humain en tant que relation entre des fins et des moyens rares susceptibles d’être utilisés différemment. »

La rareté est une situation de non abondance des ressources. Puisque les moyens sont rares, il y a lieu de les utiliser de façon efficace. Les agents économiques ont des besoins illimités alors
que leurs ressources sont limitées, se pose alors le problème de choix.

C’est le cas au niveau micro-économique (producteur, consommateur) et au niveau macroéconomique (Etat) où ces agents économiques sont confrontés à un choix de maximisation de la fonction objective sous les contraintes usuelles.

Le consommateur, face à un budget limité et compte tenu des prix des biens, cherche à affecter ses dépenses de telle sorte que sa satisfaction soit maximale. Le producteur, face à ses ressources limitées et le prix des facteurs de production, choisira la technique qui rendra sa production maximale.

la tâche de l’économiste étant la recherche de ce que coûte la disposition d’une unité supplémentaire d’un bien, pour un consommateur, d’un facteur de production, pour un producteur ou d’une dépense gouvernementale pour l’Etat compte tenu des ressources disponibles et des prix des biens et des facteurs. C’est l’analyse à la marge qui permet de mesurer le coût d’opportunité d’une unité supplémentaire.

Supposons que vous deviez vous présenter à un cours à 8 h 30. Si vous n’y allez pas, vous avez le choix entre deux possibilités : rester au lit une heure de plus ou consacrer cette heure au footing. Pour un sportif, le coût d’opportunité du cours correspond à une heure de footing alors que pour un paresseux à une heure de sommeil supplémentaire.

En suivant cette démarche, chaque agent adopte un comportement calculateur supposé rationnel, en comparant ce qu’il gagne à ce qu’il perd pour chacune de ses activités.

N.B : Il est à préciser que les biens réels, matériels ne sont pas les seuls objets économiques, le temps est une ressource rare qui doit être classée parmi les objets économiques car chacun d’entre nous n’en dispose que d’une quantité limitée.

En vue de synthétiser les différentes définitions :

Dans son ouvrage « Leçons de théorie micro-économique », E. Malinvaud a donné la définition suivante : « L’économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société » ; elle s’intéresse, d’une part, aux opérations essentielles que soient la production, la distribution et la consommation des biens et, d’autre part, aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations.

Dans son ouvrage « l’économique », P Samuelson a présenté la définition suivante : L’économie est l’étude de la façon dont l’homme et la société choisissent avec ou sans recours à la monnaie, d’employer des ressources productives rares qui sont susceptibles d’emplois alternatifs pour produire divers biens, et les distribuer en vue de la consommation, présente ou future, des différents individus et groupes qui constituent la société.

A travers ces deux définitions nous pouvons dire que l’objet de l’économie tourne autour des notions suivantes : besoins, rareté, ressources, hommes vivant en société, opérations et
institutions.

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