La pensée marxiste

La pensée marxiste élaborée au 19ème siècle par MARX et ENGELS, C’est une critique du fonctionnement du capitalisme , Cette critique est contenue dan l’œuvre principale de K Marx « Le capital » publié en quatre tomes.

Le livre I du capital publié en 1867, les autres tomes, inachevés par sa mort en 1883, étaient publiés par F. Engels. Marx est un philosophe du 19e siècle qui observe que le monde est plein d’inégalités : Certains sont ultra riches et d’autres meurent de faim.

 Marx cherche à comprendre pourquoi le monde est injuste et comment faire pour le transformer. Pour ce faire, Marx va découvrir les trois instruments qui vont lui permettre de comprendre le monde et comment le changer. 

I. Fondements de la pensée marxiste

Ces trois instruments constituent la doctrine de Marx ou du marxisme :

  • Le matérialisme dialectique et la loi du développement de l’histoire humaine (le matérialisme historique)
  •  La plus-value et l’exploitation de l’homme par l’homme
  • La lutte de classes pour atteindre une société sans exploitation

Marx était influencé par Hegel et Feuerbach :

Il va retenir le matérialisme dialectique chez Hegel et matérialisme athés chez Feuerbach pour élaborer le concept du matérialisme historique pour montrer que l’histoire des sociétés n’a été toujours que l’histoire de la lutte des classes.

La dialectique de Hegel considère que le devenir de toute réalité se comprend dans la triade suivante : l’affirmation (la thèse), la négation (l’antithèse), et la négation de la négation (la synthèse), cad la négation de la négation ne revient pas au point de départ, mais donne naissance à une nouvelle réalité, L’athéisme Feuerbach considère que la croyance en Dieu n’est qu’une aliénation : le sujet se coupe de quelques choses en lui pour dépendre de quelqu’un d’autre.

1. Matérialisme historique

– se base sur la réalité pour étudier le monde (matérialisme) 
– étudie le monde comme un monde en mouvement (dialectique)

– se base sur la méthode scientifique pour étudier le monde

 

L’histoire selon Marx est d’étudier comment les hommes se sont organisés pour produire la richesse, comment cette richesse a été distribuée et comment le monde a été influencé par la production. Pour Marx « l’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. »

Pour lui, l’histoire est une succession de modes de production (esclavagisme, féodalisme, capitalisme et communisme). Les contradictions d’un système engendrent la mise en place d’un nouveau système. La lutte des classes entre les esclaves et les maîtres, les serfs et les seigneurs ou entre les prolétaires et les capitalistes constitue l’aspect primordial de la contradiction de chaque mode de production. 

2. Lutte de classes dans le capitalisme

Les deux classes principales du mode de production capitaliste sont :

  • les capitalistes (ou bourgeois) qui possèdent le facteur capital (machines, bâtiments…)
  • les prolétaires (ou ouvriers) qui ne possèdent que leur force de travail et doivent donc la “vendre” aux capitalistes

L’affrontement de ces deux classes s’effectue dans le cadre du processus de production. Marx distingue deux sphères importantes : celle de l’échange de marchandises et du cycle M-A-M (marchandises, argent, marchandises).

La circulation M-A-M aboutit à échanger un produit contre un autre par l’intermédiaire de l’argent. Le but final de l’échangisme, qui après avoir vendu quelque chose dont il n’a pas besoin, est d’acheter la marchandise qu’il désire.

En revanche, celle de la production et du cycle A-M-A (capital avancé, marchandise, produit obtenu) renferme en elle un objectif tout autre qui est celui d’acheter des marchandises pour les vendre plus cher. Le but final n’est pas la consommation mais l’enrichissement, faire avec l’argent plus d’argent, c’est faire du capital (A < A’).

cette différence est due à l’exploitation des ouvriers ( plus-value). Ce qui donne : A’ = C + V + pl. Le capitalisme repose donc sur un mode de répartition où une classe sociale en exploite une autre. L’idée de base consiste à distinguer la valeur du travail (valeur, en temps de travail, des marchandises vendues par le capitaliste) et la valeur de la force de travail (salaire reçu par le salarié, supposé égal au temps de travail nécessaire pour reproduire sa force de travail), qui conduit à la notion de plus-value, puis à celle d’exploitation économique.

3. Exploitation de la force de travail et principe de la plus value

Cette exploitation résulte de ce que le profit des entrepreneurs provient d’un prélèvement sur  la valeur créée par les travailleurs.

  • Démonstration de l’exploitation de la force de travail

L’idée de base consiste à distinguer la valeur du travail (valeur, en temps de travail, des marchandises vendues par le capitaliste) et la valeur de la force de travail (salaire reçu par le salarié, supposé égal au temps de travail nécessaire pour reproduire sa force de travail), qui conduit à la notion de plus-value, puis à celle d’exploitation économique.

La démonstration de Marx de cette exploitation repose sur :

  • sa théorie de la valeur 
  • et celle de la plus-value

II. La pensée marxiste de la valeur

Le point de départ de la formulation de la loi de la valeur est constituée par la marchandise.

Pour Marx ce qui caractérise une marchandise est qu’elle est reproductible et destinée à la vente, et possède une valeur d’usage et une valeur d’échange. Mais comment mesurer la valeur d’une marchandise?

1. Le travail est à l’origine de la valeur des marchandises

Supposons que Dix dhs est le prix d’un cornet de glace, d’un camembert, de quelques milligrammes d’or ou d’un verre. Pourquoi toutes ces marchandises ont-elles le même prix ? 

C’est certainement qu’elles ont quelque chose en commun, mais quoi ? Ce n’est pas l’utilité que chacun y voit, puisque celle-ci varie d’un individu à l’autre, ce n’est pas le poids ce n’est pas non plus la couleur ni le volume, ni une quelconque propriété physique ou chimique.

Le point commun le plus évident, c’est qu’il a fallu, pour produire chaque marchandise, une certaine quantité de travail humain. .Si deux biens valent le même prix, ne serait-ce pas alors qu’il a fallu à peu près la même quantité de travail pour les produire?.

Bien sûr , Pour produire un bien Il faut en plus du travail, des «matières premières» et des machines, c’est-à-dire ce que l’on appelle du « capital . Mais, derrière la machine et les matières premières, on retrouve toujours du travail. En somme, on peut dire que la théorie de la valeur travail de Marx est une version revue et corrigée de celle de Ricardo.

Marx accepte l’héritage ricardien :

– la valeur d’échange s’applique à des marchandises qui ont une valeur d’usage pour avoir une valeur d’échange) ;

– le travail est la substance de la valeur ;

– le travail transmet l’intégralité de sa valeur aux marchandises, sous forme de travail direct ou indirect (au travers des machines et des consommations intermédiaires).

Mais contrairement à Ricardo, Marx souligne que ce qu’il faut prendre en compte pour déterminer la valeur d’échange d’une marchandise n’est pas la quantité de travail individuellement nécessaire à sa production pour tel ou tel travailleur pris isolément, mais la quantité de travail socialement nécessaire, cad, la quantité de travail moyenne, nécessaire dans un certain état de développement des techniques et dans un état donné d’organisation du travail. Car les hommes n’ont pas tous la même capacité de travail, la même énergie, la même maîtrise de leur métier. La « productivité du travail » est différente d’un travailleur à l’autre: En une heure, chaque ouvrier ne produit donc pas la même quantité de pains, de briques, de boutons ou de transistors.

2. La valeur d’échange d’une marchandise : quantité de travail socialement nécessaire

Il serait donc absurde de mesurer la valeur d’échange d’une marchandise par le temps de travail qui a été effectivement dépensé pour la produire. (…) Ce qu’il faut prendre en compte pour déterminer la valeur d’échange d’une marchandise n’est donc pas la quantité de travail individuellement nécessaire à sa production pour tel ou tel travailleur pris isolément, c’est la quantité de travail moyenne, nécessaire dans un certain état de développement des techniques et dans un état donné d’organisation du travail. 

3. La théorie de la plus-value

A partir de sa théorie de la valeur-travail, Marx va déduire sa théorie de l’exploitation de la force de travail. Pour ce faire, Marx affirme que les ouvriers ne vendent pas le produit de leur travail, mais leur force de travail. Ce que le propriétaire de l’entreprise achète, c’est leur capacité physique et intellectuelle à faire un travail : c’est leur force de travail. La force de travail est donc une marchandise

a. La force de travail : une marchandise

Comme toute marchandise, la force de travail a une valeur d’usage et une valeur d’échange

La VE d’une marchandise est déterminée par la quantité de travail nécessaire pour la produire, cad le temps de travail socialement nécessaire pour produire les marchandises nécessaires à entretenir au minimum cette force de travail.

b. Le salaire et valeur de la force de travail 

Le salaire est le moyen par lequel le propriétaire du capital achète cette marchandise particulière, la force de travail. Ce qu’il paie, c’est la force musculaire, l’énergie nerveuse et cérébrale, la qualification professionnelle des ouvriers: le salaire est le prix de la force de travail.

Nous savons que la valeur d’une marchandise: le temps moyen de travail nécessaire aujourd’hui à sa production. Or, la force de travail d’un homme, c’est tout ce qui lui permet de revenir jour après jour au travail, c’est la nourriture, le logement, les transports, c’est le coût de sa reproduction. Pour Marx, la force de travail est une marchandise exceptionnelle car elle permet de créer plus de valeur qu’elle n’en a coûté (c’est la plus-value)

c. Explication de surtravail ou plus-value

Le capitaliste achète la force de travail à sa valeur. Le salaire qu’il verse permet d’entretenir et de reproduire la force de travail . Mais, le capitaliste utilise cette force de travail pour créer une valeur 

supérieure à la valeur de cette force de travail.

Exemple : si le salarié travaille 9 heures par jour et que le salaire ne représente que 4 heures de travail la plus value sera de 5 heures. Ce temps de “surtravail” est à l’origine du profit du capitaliste .

 La plus value s’analyse donc comme une exploitation de la force de travail par le capital parce qu’elle est créée par le travail et appropriée par le capitaliste. Pour Marx, ce prélèvement de la plus-value du travailleur est en quelque sorte la condition d’existence des capitalistes. Le capitalisme ne peut donc pas vivre sans l’exploitation des prolétaires. Les relations entre classes sociales ne peuvent être qu’antagonistes puisque les unes (capitalistes) n’existent que par l’exploitation des autres (prolétaires).

d. Les moyens d’accroitre la plus value

Les capitalistes cherchent toujours à accroitre la plus value. Ils disposent à cet effet de deux moyens :

  • Accroitre la pl absolue en augmentant la durée du travail et par conséquent le travail gratuit
  • Accroitre la pl relative en développant la productivité ou l’intensification du travail dans les secteurs nécessaires à l’entretien de la force de travail (baisse du salaire de subsistances), et en diminuant de ce fait le temps de travail nécessaire à la production des biens et services destinés à la reproduction de la force de travail .

III. Les contradictions du système capitaliste

Pour Marx, le capitalisme est un système historiquement daté et fondé sur l’exploitation de la force de travail, qui est appelé à disparaitre la disparition à causes de ses contradictions internes qui ne peuvent être résolues que par le passage à un régime fondé sur la propriété collective des moyens de production. 

 Ces contradictions sont au nombre de trois:
  • Prolétarisation et paupérisation de la classe ouvrière: 
  • Crises de surproduction
  •  Baisse tendancielle du taux de profit

1. Prolétarisation et paupérisation de la classe ouvrière

Marx cherche à montrer qu’avec le développement du capitalisme, on assistera à une opposition croissante entre une majorité misérable (prolétaires)et une minorité de riches propriétaires des moyens de production. La condition de la classe ouvrière doit se dégrader davantage avec le progrès technique et la concentration du capital . Cette dégradation débouchera un jour sur la révolte « expropriation des expropriateurs »

2. Tendance à la baisse des taux de profit

Le taux de profit selon Marx s’écrit : PL/C+V

Le taux de profit s’écrit alors : PL/V / C/V + 1

PL/V: taux de Plus value

C/V: composition organique du capital

Avec le progrès technique la cok tend à augmenter. Au contraire, le taux de plus value tendra à baisser (l’utilisation de la machine à la place de l’homme). D’où Le taux de profit tend à baisser.

3. Crises de surproduction

Marx rejette l’idée selon laquelle les produits peuvent toujours être vendus et affirme que le système capitaliste ne peut être à l’abri de crises de surproduction. Ces crises résultent d’un développement disproportionné entre le secteur qui fabrique les biens de production et celui qui fabrique les biens de consommation (secteur 1 et secteur 2)
 
La pensée marxiste, une critique du capitalisme

 

Ces contradictions peuvent être freinées par la conquête de débouchés extérieurs. Mais en définitive, pense Marx, le capitalisme est condamné à disparaitre 

Conclusion

L’apport de Marx en matière d’analyse économique est considérable, on ne peut pas comprendre le fonctionnement du monde contemporain en l’ignorant. Cependant, pour ce qui est de ses prédictions concernant l’évolution du système capitaliste, on ne peut que constater un écart entre les prévisions de Marx et la réalité historique : 

  • D’une part la révolution qui devrait toucher les pays capitalistes avancés n’a pas vu le jour, mais au contraire ce sont d’autres pays comme l’URSS qui ont connu des bouleversements.
  • D’autre part, la paupérisation n’a pas touché les pays capitalistes développés où les conditions de vie de la classe ouvrière se sont améliorées
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