la planification

La planification est tout d’abord apparue, durant les trente glorieuses, comme un outil de régulation globale de l’économie. Il s’agissait de fixer les objectifs attendus pour une série de variables clés (croissance du PIB, de la consommation…) et les grandes orientations de la politique macro-économique (politiques industrielle…).

Définition de la planification

La planification est définie comme « un processus de mise en œuvre de stratégies et d’élaboration de programmes d’actions destinés à les réaliser ». A partir des projets d’actions coordonnés et programmés dans le temps, il est possible de repérer deux types de plans régulièrement mis en place dans l’entreprise : Le plan stratégique (positionné sur le moyen et long terme). Et le plan opérationnel (concernant le court terme).

La distinction entre plan stratégique et plan opérationnel peut être appréhendée de la manière suivante :

Le plan stratégique : établit une relation entre l’ensemble de l’entreprise et son environnement. Il précise les enjeux du développement futur et les orientations générales relatives à l’activité (marchés, secteurs, métiers, produit…), au relations avec l’environnement (institutionnel, culturel, social…) ainsi qu’à la structure et l’organisation de l’entreprise (structure divisionnelle, centralisée ou décentralisée…).

Le plan opérationnel : est adapté à chaque fonction de l’entreprise. Il permet de préciser les actions et les décisions à entreprendre dans le court terme pour atteindre les objectifs visés par le plan stratégique. Son rôle essentiel est la mise en cohérence et la coordination des activités.

Une autre approche de la planification est basée sur les notions de plans glissants, programmes et de budgets.

Le plan glissant : est un plan prévu pour 4 ou 5 ans, et dont le contenu est révisé chaque année et porte sur une nouvelle période de 4 ou 5 ans (ceci est à rapprocher d’une moyenne mobile).

Les programmes : relevant principalement du mode opérationnel, reproduisent pour chaque année, les objectifs à atteindre, les actions à mettre en œuvre, les résultats à attendre, un planning de réalisation, et la nature des responsabilités.

Les budgets : La plan Comptable Général Français définit la gestion budgétaire comme « un mode de gestion consistant à traduire en programmes d’actions chiffrés appelés budget les décisions prises par la direction avec la participation des responsables ».

Plan stratégique → Programmes opérationnels → Budgets

Caractéristiques de la planification

La planification repose généralement sur un triple effort que l’on peut résumer ainsi :

  • Une capacité à anticiper (il s’agit avant tout de prévoir l’avenir) ;
  • Une capacité d’action (objectifs, stratégies de réalisation, moyens affectés) ;
  • Une capacité de changement (des ressources, des métiers, de l’organisation).

Russell L. Ackoff, est un théoricien des organisations américaines. Ce dernier souligne qu’il y a trois attitudes différentes à l’égard du futur « attendre et voir, prévoir et préparer, et faire arriver, ceux qui profitent le plus du futur sont ceux qui aident à le créer ».

Ainsi toute l’approche en termes de planification, vise à s’efforcer de maîtriser le futur. La planification est alors assimilée à la conception d’un futur souhaité et des moyens pour y parvenir.

Cette volonté de planifier peut prendre des formes différentes selon les entreprises (secteur, taille). Dans certaines, la procédure de planification sera très formalisée (livres, documents, codes), dans d’autres, par contre, la démarche sera plus informelle.

Les enjeux de la planification

La planification comporte une série d’atouts et de limites qu’il convient de souligner.

Parmi ses atouts, on note que la planification oblige les dirigeants et le personnel à une réflexion stratégique. En d’autres termes, elle permet de saisir les opportunités du marché et d’anticiper les difficultés futures. De même, la planification permet de rechercher la meilleure utilisation des facteurs de production.

En ce sens, elle permet la recherche de l’efficience, c’est-à-dire l’aptitude à tirer au mieux la partie des ressources utilisées. En outre, la planification favorise la communication dans l’entreprise (prise de conscience des phénomènes sociaux, sensibilité des différents acteurs, compréhension des différents points de vue du personnel et de la direction).

Enfin, la planification permet d’améliorer le contrôle et la maîtrise de l’entreprise (le contrôle de gestion s’avère utile pour constater les écarts entre prévision et réalisation).

Au titre des limites, on note la difficulté d’anticiper le futur.

Comme le souligne Terry Franklin, « Si la situation… change fortement par rapport aux hypothèses du planificateur, il se peut que le plan perde beaucoup de valeur ».

De même, l’excès de formalisme, dans la mise en place et la mise en œuvre des plans, constitue une difficulté à maîtriser.

Enfin, la planification ne doit pas s’opposer à la nécessaire flexibilité des entreprises contemporaines.

Ainsi pour être performante, la planification doit être un facteur de changement auquel adhère tout le personnel.

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