bilan Fonctionnel : présentation et analyse

L’analyse de l’équilibre financier est basée sur un bilan fonctionnel (bilan comptable retraité ou bilan économique) dont les postes ont été regroupés par cycle, constituant chacun un ensemble d’opérations de même nature. On distingue quatre cycles :

  • le cycle d’investissement et de désinvestissement regroupant les opérations d’acquisitions et de cessions d’éléments d’actif ;
  • le cycle de financement regroupant les opérations ayant pour but de réunir les ressources financières (capital, emprunt) nécessaires au financement des besoins durables ;
  • le cycle d’exploitation et hors exploitation regroupant respectivement les opérations liées à l’activité cyclique (pour ce qui est du cycle d’exploitation) et des autres opérations non courantes (pour le cycle hors exploitation) ;
  • le cycle de trésorerie résultant des cycles précédents. Il a pour fonction d’assurer l’ajustement global entre le cycle d’exploitation et les deux autres cycles

Principes et structure du bilan fonctionnel

Le bilan fonctionnel repose sur une approche économique des flux de ressources et d’emplois accumulés par l’entreprise, en retenant deux principes généraux : l’évaluation à la valeur d’origine et le classement des emplois et ressources selon leur nature ou leur destination

Évaluation à la valeur d’origine

Les flux de ressources proviennent concrètement des ventes et autres produits encaissables, des apports en capital, des subventions d’investissement, des emprunts ou encore des dettes fournisseurs, fiscales et sociales. Elles ont pour effet d’augmenter la trésorerie disponible.

C’est en prélevant sur cette trésorerie que l’entreprise finance les emplois. Parmi les emplois, nous retrouvons par exemple les charges décaissables, les acquisitions d’immobilisations, les remboursements d’emprunts, les stocks ou les créances clients. Le bilan fonctionnel présente le cumul de ces flux de ressources et d’emplois échangés depuis la création de l’entreprise.

Pour rendre compte de ces échanges, le principe qui préside à la construction du bilan fonctionnel est l’évaluation à la valeur d’origine des flux de ressources et d’emplois. Concrètement, cette règle s’applique essentiellement aux postes de l’actif qui doivent tous, à l’exception des charges
à répartir, être évalués en valeurs brutes

Structure du bilan fonctionnel

L’actif et le passif du bilan fonctionnel sont séparés en deux grandes masses : la partie stable et la partie circulante dont les éléments se renouvellent au fur et à mesure de la vie de l’entreprise.

La logique d’analyse du bilan fonctionnel considère que les ressources stables doivent financer au minimum les emplois stables (« haut de bilan »), puis que les ressources stables excédentaires et les ressources circulantes financent les emplois circulants (cycle d’exploitation, « bas de bilan »). Pour ce faire, l’analyse fonctionnelle classe les éléments du bilan (actif et passif) selon leur nature ou leur destination.

Plus précisément, on retrouve à l’actif :

• les emplois stables qui résultent du cycle d’investissement et correspondent à l’actif immobilisé brut ;

• l’actif circulant qui résulte du cycle d’exploitation et correspond au montant brut des stocks, créances, etc. Cette masse est le plus souvent séparée entre une partie exploitation et une partie hors exploitation ;

• la trésorerie active.

Le passif est lui composé :

  • des ressources stables qui résultent des décisions de financement et comprennent les capitaux propres, les amortissements et provisions pour dépréciation, les dettes financières. Les amortissements et provisions pour dépréciation sont assimilés à des ressources de financement car ils rendent compte d’une dépréciation de l’actif permettant d’en assurer le renouvellement ;
  • des dettes circulantes qui résultent du cycle d’exploitation et comprennent les dettes du passif qui ne sont pas financières (dettes fournisseurs, dettes diverses, etc.). Comme pour l’actif, cette masse peut être séparée entre une partie exploitation et une partie hors exploitation ;
  • de la trésorerie passive qui rassemble des dettes financières à court terme, essentiellement les concours bancaires courants, soldes créditeurs de banque et effets escomptés non échus.
bilan Fonctionnel

Retraitements et reclassements du bilan fonctionnel

La construction du bilan fonctionnel se réalise à partir du bilan comptable de type PCG en opérant des reclassements et retraitements au sein du bilan mais également d’éléments hors bilan.

Le Conseil national de la comptabilité (CNC) recommande dans un esprit d’analyse financière de retraiter certains postes du bilan fonctionnel :

Au sein du bilan

➤ Le capital souscrit non appelé (CSNA, compte 109)

De manière générale, tant que ces sommes n’ont pas été libérées, elles ne représentent pas une ressource pour financer un emploi. Ce poste sera donc éliminé de l’actif et soustrait des capitaux propres pour le même montant.

➤ Les écarts de conversion actifs et passifs (ECA et ECP, comptes 476 et 477)

Un écart de conversion actif est le constat d’une perte de change latente (dépréciation d’une créance ou appréciation d’une dette).

Un écart de conversion passif est le constat d’un gain de change latent (appréciation d’une créance ou dépréciation d’une dette).

Pour rendre pertinente au plan économique l’analyse des emplois et ressources en respectant le principe de la valeur d’origine, les écarts de conversion sont donc éliminés et réintégrés dans les postes correspondants (dettes fournisseurs ou créances clients le plus souvent). Les écarts de conversion actif relatifs à des créances clients seront ainsi ajoutés aux créances clients tandis que les écarts de conversion actif relatifs à des dettes fournisseurs seront soustraits des dettes fournisseurs.

➤ Les charges à répartir sur plusieurs exercices (CAR, compte 481)

Le montant élevé confère un caractère d’investissement aux charges à répartir sur plusieurs exercices qui ont une incidence sur l’avenir de l’entreprise. Elles doivent donc être reclassées en emplois stables. Le montant figurant à l’actif du bilan PCG (dans les comptes de régularisation) est le montant net.

➤ Les primes de remboursement des obligations (PRO, compte 169)

De manière générale, ces primes (figurant initialement à l’actif) sont considérées comme des non valeurs. Elles sont donc retirées de l’actif et soustraites du montant des emprunts obligataires au passif (ressources stables).

➤ Les amortissements et dépréciations

Les amortissements et dépréciations représentent des capitaux épargnés pour financer le renouvellement des immobilisations ou de possibles dépréciations. À ce titre ils constituent des ressources de financement. Ils sont donc éliminés de l’actif (l’actif immobilisé et circulant étant pris en compte pour sa valeur brute) et ajoutés aux ressources stables du passif (avec les provisions pour risques et charges).

➤ Les comptes courants d’associés créditeurs (C/C, compte 455)

Si les C/C représentent des fonds bloqués dans l’entreprise, ils seront rattachés aux dettes financières stables. Dans le cas de dépôts temporaires, les C/C seront assimilés à des dettes hors exploitation.

➤ Les intérêts courus non échus sur emprunts (ICNE, compte 1688)

Les ICNE doivent être passés du long terme au court terme hors exploitation, qu’ils concernent des créances (immobilisations) ou des dettes (emprunts). Ils sont donc retranchés des dettes financières et ajoutés aux dettes hors exploitation (pour les intérêts courus sur emprunts) ou retranchés des immobilisations financières et ajoutés aux créances hors exploitation (pour les intérêts sur créances immobilisées).

➤ Les comptes bancaires courants et soldes créditeurs de banque (CBC, compte 519)

Ils ne constituent pas une ressource stable et doivent donc être retirés des dettes financières pour être replacés dans la trésorerie passive.

➤ Les charges et produits constatés d’avance

En l’absence d’information spécifique, il est courant de considérer qu’ils relèvent de l’exploitation et donc de les classer dans l’actif circulant d’exploitation (CCA) ou dans les dettes d’exploitation (PCA).

➤ Les valeurs mobilières de placement

Selon leur nature, elles seront considérées comme un élément de l’actif hors exploitation (en cas de risque de perte, par exemple des actions, ou si elles sont peu liquides) ou comme un élément de la trésorerie active (si elles sont liquides et sans risque de perte).

Éléments hors bilan

➤ Les effets escomptés non échus (EENE)

Pratiquement et juridiquement, l’entreprise reste responsable du paiement des effets escomptés non échus en cas de défaillance du débiteur. Les EENE peuvent être assimilés à un crédit bancaire. Ils doivent donc être réintégrés dans le bilan, au passif au niveau des concours bancaires courants et à l’actif dans la partie circulante d’exploitation avec les créances clients.

➤ Le crédit-bail

Les biens financés par crédit-bail peuvent être considérés comme des immobilisations acquises par l’entreprise et financées par emprunt. La valeur d’origine des biens est ajoutée dans l’actif stable. Les amortissements virtuels sont rattachés au passif stable avec les autres amortissements pour dépréciation de l’actif.

La partie non amortie (valeur nette comptable virtuelle) est ajoutée aux dettes financières

Synthèse des reclassements et retraitements du bilan fonctionnel

Synthèse des reclassements et retraitements  du bilan fonctionnel

Analyse du bilan fonctionnel

Le Fond de roulement net global

Le FRNG est le plus souvent utilisé. Il est calculé à partir du bilan fonctionnel et suit le principe suivant : Les ressources durables sont utilisées pour le financement des actifs stables, Tandis que les dettes à court terme financent les actifs cycliques.

  • A partir du Haut du bilan :

FRNG= Ressource durables (financement permanent)-emplois stables ( actifs immobilisé)

  • A partir du bas du bilan :

FRNG = Actif circulant – Passif circulant

le besoin en fond de roulement

Les opérations du cycle d’exploitation (achats, transformation, commercialisation) ainsi que les opérations hors exploitation donnent naissance à des flux réel ( de matières premières , marchandises ,en-cours , emballages, produits finis) ayant pour contrepartie des flux monétaires.

BFR D’EXPLOITATION = Actif circulant d’exploitation – Dettes circulant d’exploitation

BFR Hors exploitation = Actif circulant hors exploitation – Dettes circulant hors exploitation

BFR GLOBAL = BFR D’EXPLOITATION + BFR HORS EXPLOITATION

La trésorerie nette

Trésorerie Nette= FRNG- BFG

La trésorerie de l’entreprise dépend alors de l’importance relative du fonds de roulement et du besoin en fonds de roulement.

Il est rare que le fonds de roulement soit exactement égal au Besoin de Fonds de roulement.

Si FRNG > BFG : Le fond de roulement finance en totalité les besoins du cycle d’exploitation ( BFG) et il existe même un excèdent que l’on retrouve dans la trésorerie. D’où une trésorerie nette positive.

Si FRNG < BFG : Le fond de roulement ne finance qu’une partie des besoin du cycle d’exploitation, la différence doit être financé par des concours bancaires. D’où une trésorerie négative.

La TRESORERIE NETTE : Trésorerie Actifs- Trésorerie Passif

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