Le produit intérieur brut (PIB)

La comptabilité nationale est une présentation quantifiée de l’activité économique d’un pays. Elle mesure les flux monétaires représentatifs de l’économie d’un pays pendant une période de temps, en principe une année.

  La comptabilité nationale prend en compte plusieurs indicateurs, mais le plus important est le Produit Intérieur brut (PIB).

Définition du produit intérieur brut

  PIB = la somme des valeurs ajoutées des biens et services produits dans un pays donné au cours d’une année. Le PIB mesure l’activité économique.

  En grandeur réelle, une économie produit et vend une multitude de biens et services.

  Pour interpréter correctement ce que mesure le PIB, on doit comprendre certaines règles qui président son calcul.

  Le produit intérieur brut additionne la valeur de tous les biens et services en une seule mesure. La variété des produits présents dans l’économie complique son calcul car chaque produit a une valeur différente. Pour calculer la valeur totale des biens et services, on utilise leur prix du marché.

 Le produit intérieur brut ne prend en compte que les biens et services produits au cours de la période à laquelle il se réfère. Il ne comptabilise pas les transferts d’actifs entre deux acteurs économiques (vente d’une voiture de collection par exemple) car cela n’ajoute rien à la richesse globale de l’économie. Le PIB prend en considération la production en vue de constitution de stocks tout autant que la production en vue de vente finale.

  La plupart des biens sont produits en diverses étapes : les matières premières sont transformées en biens intermédiaires qui seront vendus pour être transformés en produits finis. Le produit intérieur brut n’inclut que la valeur des produits finis car la valeur des biens intermédiaires est déjà incluse dans le prix des biens finaux.

  La valeur ajoutée d’une entreprise est égale à la valeur de sa production diminuée de la valeur des biens intermédiaires. Au niveau de l’économie, la somme de toutes les valeurs ajoutées doit être égale à la valeur de tous les biens et services finaux. On peut dire aussi que le produit intérieur brut est égal à la valeur ajoutée totale de toutes les entreprises présentes dans une économie.

   Pour tous les biens qui ne peuvent avoir un prix sur le marché (logement ou les services publics par exemple), on fait une estimation de leur valeur. On appelle cette dernière « la valeur imputée ».

On ne comptabilise pas le travail domestique. On n’impute pas non plus la valeur des biens et services vendus dans l’économie souterraine.

  Le caractère souvent approximatif des imputations et l’exclusion de nombreux biens et services du calcul du produit intérieur brut font que ce dernier reste une mesure imparfaite de l’activité économique. La comparaison des niveaux de vie économique d’un pays à l’autre est difficile en conséquence. Cependant, le PIB, quand l’importance des approximations demeure constante dans le temps, reste utile pour comparer l’évolution de l’activité économique d’un pays d’une année à l’autre.

Calcul du produit intérieur brut

le calcul du produit intérieur brut peut être effecture selon trois approches :

– L’approche par la production des unités résidentes :

PIB aux prix du marché = ∑ valeurs ajoutées + impôts sur les produits – subventions sur les produits

 La somme des valeurs ajoutées, c’est la production réellement réalisée par tous les agents économiques. Cela permet donc de connaître la production totale réalisée dans l’année. Cependant, les valeurs ajoutées sont évaluées aux prix de base, c’est- à-dire sans les impôts sur les produits dont notamment, TVA.

Les valeurs ajoutées étant calculées hors taxes, il faut ajouter les impôts sur les produits pour avoir le PIB « aux prix du marché ». On soustrait le montant des subventions car ces subventions permettent aux entreprises de diminuer leurs prix.

– L’approche par la demande adressée aux unités résidentes :

PIB aux prix du marché = Dépenses de consommation finale + FBCF + Exportations – Importations

  En effet, la demande provient soit des unités résidentes pour la consommation ou pour l’investissement, soit des unités non résidentes (cette demande correspond donc à l’exportation qu’il faut ajouter à la demande intérieure). Cependant, une partie de la demande intérieure peut être satisfaite par des unités non résidentes (il s’agit donc des importations qu’il faut enlever de la richesse créée par les unités résidentes).

– L’approche par les revenus distribués par les unités de productions résidentes

PIB aux prix du marché = Rémunération des salariés + EBE (et revenus mixtes) + Impôts (sur la production et les importations) – subventions.

  En effet, toute la richesse créée est redistribuée sous forme de revenus primaires (salaires pour les salariés, EBE pour les sociétés, revenus mixtes pour les indépendants) ; la différence entre les impôts sur la production et les importations et les subventions correspond à une sorte de revenu primaire puisqu’elle est prélevée sur la valeur ajoutée créée comme la rémunération des salariés pour calculer l’EBE.

  Autre explication : les revenus primaires proviennent du partage de la valeur ajoutée calculée aux prix de base ; pour obtenir la somme des valeurs ajoutées aux prix du marché, il faut rajouter à la somme des revenus primaires le supplément payé du fait de ces impôts (nets des subventions) sur la production et les importations.

– le PNB (Produit National Brut) remplacé aujourd’hui dans la comptabilité nationale par le RNB (revenu national brut) :

RNB = PIB + revenus reçus du reste du monde – revenus versés au reste du monde + subventions reçues du reste du monde – impôts sur la production versés au reste du monde.

  Il s’agit donc d’un indicateur de revenu national souvent utilisé dans les comparaisons internationales de niveau de vie car il regroupe l’ensemble des revenus reçus par les unités résidentes (le PIB étant, dans l’optique des revenus, un agrégat des revenus versés par les unités résidentes, y compris donc à des unités non résidentes).

Les limites du produit intérieur brut et les comparaisons internationales

  Le produit intérieur brut est souvent transformé en PIB / habitant pour mesurer le niveau de vie.

PIB par habitant = PIB / population totale

  Les comparaisons internationales de PIB ou PIB par habitant (ou RNB par habitant) posent des problèmes spécifiques. Tout d’abord, la comparaison dans le temps dans un même pays suppose l’élimination des effets de l’inflation. Il faut donc toujours calculer le PIB réel (corrigé de l’inflation). 

  Ensuite, la comparaison de PIB de plusieurs pays à plusieurs dates pour comparer la croissance pose des problèmes. Il faut une unité commune. On prend souvent le dollar. Mais pour transformer des yens ou des euros en dollars, il faut savoir quel taux de change retenir.

Or, depuis le début des années 1970, le dollar flotte, c’est-à-dire que son cours (le prix qu’il faut payer pour en acheter) change tous les jours en fonction de l’offre et de la demande sur les marchés des changes. Pour remédier à ce problème, on calcule les PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA). C’est-à-dire, chercher le taux de change fictif qui, compte tenu des prix sur chacun des marchés, assure le même pouvoir d’achat dans les deux pays concernés.

 Enfin pour comparer des PIB, il faut supposer que les définitions et les modes de calcul sont partout les mêmes. Ce n’est pas réellement vrai, même si les efforts des organismes internationaux vont dans le sens du rapprochement des méthodes de calcul.

produit intérieur brut réel, produit intérieur brut nominal et déflateur

 PIB nominal et PIB réel

  Le produit intérieur brut nominal est la valeur de biens et services, mesurée à prix courants. Or pour mesurer correctement le bien-être économique, il faut apprécier la production de biens et services en neutralisant l’influence de la variation des prix d’où le produit intérieur brut réel qui mesure la valeur des biens et services, mesurée à prix constants.

  Pour mesurer le PIB réel, on choisit une année de base et on additionne la valeur de tous les biens et services aux prix de cette année (voir les exercices du cours).

Le déflateur

Le déflateur du PIB est le rapport entre PIB nominal et PIB réel : Déflateur du PIB = PIB nominal / PIB réel

Le déflateur mesure le prix de l’unité caractéristique de production par rapport à son prix au cours de l’année de base.

PIB réel = PIB nominal / Déflateur du PIB 

V. Le produit intérieur brut selon la méthode des dépenses

La comptabilité nationale répartit le PIB en quatre grands groupes :

La consommation (C), l’investissement (I), les dépenses publiques (G) et les exportations nettes (NX).

Soit Y qui désigne le PIB,

Y = C + I + G + NX

  La consommation englobe tous les biens et services achetés par les ménages.

  L’investissement regroupe l’investissement fixe des entreprises, l’investissement fixe résidentiel des ménages et l’investissement en stocks des entreprises.

  Les dépenses publiques désignent les biens et services achetés par les pouvoirs publics

  Les exportations nettes recensent la valeur de tous les biens et services exportés vers d’autres pays, diminuée de la valeur de tous les biens et services achetés dans ce pays. Les exportations nettes représentent les dépenses nettes effectuées par le reste du monde pour acquérir les biens et services par toute économie donnée.

produit intérieur brut et les autres mesures du revenu

  • PNB = PIB + revenus des facteurs en provenance du reste du monde – revenus des facteurs versés au reste du monde

  Le produit intérieur brut mesure le revenu total gagné sur le territoire d’un pays. Il comprend le revenu total gagné sur le territoire par des non résidents mais non celui que gagnent à l’étranger des résidents du pays considéré.

  Le PNB mesure le revenu total gagné par les résidents d’un pays. Il comprend le revenu gagné à l’étranger par les résidents de ce pays, mais non celui que gagnent sur le territoire de celui-ci des non-résidents.

  •  PNN = PNB – amortissement

Le PNN est obtenu en déduisant du PNB l’amortissement qui mesure la perte annuelle de valeur du stock de capital existant

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