R. Sainsaulieu et l’identité au travail

Sainsaulieu Professeur de Sociologie à l’Institut d’Études Politiques de Paris, Renaud Sainsaulieu a développé, dès 1977, dans un ouvrage connu, L’identité au travail, un courant de pensée fondé sur un mode de structuration de l’organisation où l’expérience de la socialisation joue un rôle central.

En d’autres termes, Sainsaulieu met l’accent sur les dimensions affectives, sur les positions idéologiques des acteurs et sur leur mode de calcul des possibilités de gains ou de pertes. Il fonde les identités collectives sur le fait que les individus ont en commun une même logique d’acteurs.

L’identité fonde ainsi la communauté, au sens où celle-ci se définit par une action commune. En sociologie, le concept d’identité est à la base des théories de l’action. Sainsaulieu envisage donc l’acteur du point de vue stratégique mais aussi sous l’angle de la stabilité de ses relations de travail.

L’auteur repère ainsi des situations de travail particulières, des identités au travail.

Quatre identités au travail sont ainsi identifiées : la fusion, la négociation, les affinités et le retrait.

Le modèle de la fusion

On trouve le modèle de la fusion dans un contexte de travail où les tâches sont répétitives et les travaux peu qualifiés. Les acteurs ne peuvent mobiliser que de faibles ressources stratégiques. Sainsaulieu parle de fusion dans le sens où l’individu n’a pas d’autre choix que de se fondre dans le groupe de travail, car il n’a guère d’autres ressources que le collectif.

Le modèle de la négociation

On peut trouver ce type d’identité au sein de groupes de travail où les acteurs sont qualifiés, peuvent accéder à des niveaux hiérarchiques supérieurs et acceptent entre eux des différences. Sainsaulieu utilise le terme négociation car comme acteurs collectifs, ces groupes utilisent la négociation avec une capacité importante à entrer dans le conflit et à le vivre.

Le modèle des affinités

Il apparaît dans des situations de mobilité professionnelle, de promotion, où l’évolution individuelle a conduit à la perte d’appartenance à un groupe de travail. C’est généralement le cas des cadres ou des ingénieurs et des techniciens pour qui le rapport au chef prend une place considérable.

Les stratégies d’acteurs sont orientées autour de la carrière et la réussite personnelle occupe une place importante. Cette identité place l’acteur dans une logique plus individualiste à la recherche de conquêtes professionnelles.

Le modèle du retrait

Le retrait signifie que l’individu au travail a peu d’amis, peu d’intégration à un groupe et son rapport au chef, particulièrement fort, se manifeste par de la dépendance. Dans cette optique, le travail est davantage une nécessité économique qu’une valeur et l’individu est très faiblement investi dans ses relations personnelles au travail.

Conclusion

En définitive, R. Sainsaulieu défend la thèse que l’expérience quotidienne des relations de travail alimente des représentations collectives et des valeurs communes qui la dépassent tout comme elle façonne les personnalités individuelles dans leurs choix et jugements. Il montre que les rapports sociaux au travail structurent l’identité individuelle et collective.

Les quatre identités au travail, précédemment discutées, indiquent que le travail devient, dans les sociétés industrielles contemporaines, un nouveau lieu d’apprentissage culturel comme le furent en d’autres temps l’église catholique ou encore la famille bourgeoise.

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