Le triptyque Plan, programmes et budget

Le triptyque Plan, programmes et budget

Le triptyque Plan, programmes et budget

Il n’est pas inutile tout d’abord de préciser quelques points de vocabulaire en distinguant les plans, les programmes et les budgets.

Les plans

Un plan s’attache à décrire ce que devrait être l’activité d’une entité économique sur une période assez longue, en principe plusieurs années. On parlera, par exemple, d’un plan « pluriannuel » sur 3, 4 ou 5 ans. Un plan s’appuie sur des prévisions à moyen terme. Il s’exprime en termes généraux, en fixant de grandes orientations pour l’avenir. Il revêt donc un aspect plus stratégique que tactique.

L’exemple type est le plan de développement pluriannuel qui prévoit les grandes opérations d’investissement et de financement pour les années à venir et qui établit des projections à moyen terme du chiffre d’affaires et du résultat.

Les programmes

Par opposition au plan, un programme est une prévision à court terme (quelques semaines ou quelques mois, un an au maximum) précisant dans le détail, en tenant compte, par exemple, des contingences du calendrier (jours fériés…), les niveaux d’activité, les volumes de facteurs consommés, etc. Un programme peut très bien être exprimé uniquement en unités physiques (nombre d’heures de travail, nombre de tonnes de matière première, nombre de produits fabriqués ou vendus, etc.).

L’exemple type est le programme mensuel de fabrication, permettant de prévoir le plan de charge des ateliers.

Les budgets 

Un budget représente la traduction ou le chiffrage en unités monétaires de la mise en œuvre d’un programme. Citons, par exemple, le budget de fonctionnement d’une usine ou le budget des ventes .Il importe donc de comprendre que, pour passer du programme d’activité au budget, il est nécessaire de procéder à des opérations de valorisation et donc de disposer d’informations non plus simplement « techniques » mais essentiellement de nature « économique » exprimant les caractéristiques de l’environnement tant interne qu’externe dans lequel vont se réaliser les opérations :

  • Informations internes sur la structure des coûts (coûts fixes, coûts variables), fournies par la comptabilité analytique ;
  • Informations externes fournies par un service d’études économiques, par exemple, concernant l’anticipation de l’évolution de certains prix (cours des matières premières, taux d’intérêt, etc.).


    Notons que l’on peut parler du budget ou des budgets. En effet, le budget global de l’entreprise est en fait constitué par un ensemble de documents prévisionnels que l’on peut appeler les différents budgets correspondant par exemple aux différentes fonctions.

    Parmi ces différents budgets, on distingue habituellement :

    •         les budgets « fonctionnels » ou « opérationnels », qui traduisent concrètement les actions prévues dans les programmes d’activité relevant des différents services : − budget des ventes, − budget de production, − budget des achats, − budget des services « généraux » (administratifs, par exemple) ;
    •          les budgets « financiers » ou « de synthèse » qui traduisent de façon globale les effets de la mise en œuvre des budgets opérationnels.


    L’exemple type est le budget de trésorerie, qui décrit les conséquences de l’ensemble des opérations sur l’évolution du solde de trésorerie. Par analogie, on peut également classer dans cette catégorie les documents prévisionnels de synthèse que sont le compte de résultat prévisionnel et le bilan prévisionnel.

    Le budget est donc en fait un ensemble de documents prévisionnels. On utilise quelquefois l’expression de « liasse budgétaire », par analogie avec la « liasse fiscale » bien connue des services de comptabilité générale. Néanmoins, dans le cas de petites entreprises, le « budget prévisionnel » (bel exemple de pléonasme…) se limite très souvent au seul compte de résultat prévisionnel.

    En principe, les budgets représentent des prévisions annuelles, le plus souvent mensualisées. Comme le plan est, lui, pluriannuel, le budget représente en quelque sorte le chiffrage détaillé de la mise en œuvre de la « première tranche » annuelle de ce plan.

     Les ambiguïtés du vocabulaire en pratique

    Dans la pratique, les termes de plan, de programme et de budget peuvent très bien être utilisés presque indifféremment : chaque entreprise possédant son propre « jargon ». Par exemple, dans de nombreuses entreprises, on parlera de « plan de trésorerie » ou de « budget sur 3 ans À chacun de faire l’effort de décryptage nécessaire (le problème se pose notamment pour les étudiants effectuant un stage axé sur ces questions).
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