Démarche générale du diagnostic financier

La présentation d’une démarche générale du diagnostic financier repose sur une démarche d’analyse rigoureuse. Nous pouvons distinguer cinq étapes essentielles :

  • Définition des objectifs de l’analyse.
  • Examen global des états financiers autorisant un premier jugement.
  • Recherche des informations additionnelles.
  • Applications des techniques d’analyse, notamment à l’aide des ratios de solvabilité, de structure financière, de gestion et de rentabilité.
  • Jugement sur la situation, formulation des recommandations, prise de décision.

Étape 1 : Les objectifs du diagnostic financier

Les agents économiques intéressés par l’information financière publiée par les sociétés sont nombreux :

  • Les prêteurs, les actionnaires, l’État, les syndicats, les salariés, les dirigeants constituent les lecteurs les plus attentifs.
  • Le banquier s’efforce de déterminer si l’entreprise sera en mesure de faire face aux échéances de remboursement
  • Les obligataires sont soucieux de la couverture des intérêts.
  • Les actionnaires privilégient les informations sur les bénéfices, la rentabilité, l’équilibre financier.
  • Les dirigeants s’intéressent à tous les aspects de l’entreprise et notamment à la pertinence des investissements tout en assumant leurs responsabilités vis-à-vis des tiers.
  • Les salariés apprécient la pérennité de l’entreprise et leur part dans le partage de la valeur ajoutée.

Plus particulièrement les objectifs d’une analyse peuvent reposer sur :

  • la pertinence des stratégies définies,
  • l’application des stratégies,
  • la rentabilité économique,
  • la rentabilité financière,
  • le partage des performances,
  • la politique de financement,
  • l’équilibre financier à court, moyen ou long terme,
  • la couverture des intérêts et des remboursements,
  • la couverture des distributions de dividendes,
  • le manque de liquidité immédiate,
  • l’évaluation de l’entreprise.

Étape : l’examen global de la situation

Il s’agit d’une analyse rapide sans calculs approfondis. Il convient de porter un jugement d’ensemble.

Cette étape conditionne les techniques à définir en étape 4.

L’analyste précise les outils à utiliser (ratios, grandeurs, agrégats, flux) en fonction de ce premier jugement d’ensemble.

Les techniques à utiliser ne sont pas préétablies mais sont adaptées aux objectifs et au premier examen global.

En général, cet examen porte sur :

  • les ventes (cycle de vie des produits, environnement économique…),
  • le bénéfice,
  • la trésorerie,
  • l’évolution des actifs,
  • l’évolution des dettes.

L’expérience de l’analyste lui permet à ce stade de définir l’orientation de ses investigations.

Dans certains cas, il est possible d’utiliser des grilles d’analyse standardisées pour accélérer le processus d’analyse.

L’analyste isole les principaux risques, les postes sur lesquels ses efforts porteront de façon privilégiée des postes sans influence notable. Cette étape permet d’apprécier l’importance du travail à fournir compte tenu des objectifs assignés.

Cet examen global peut aussi être une finalité en soi. Dans ce cas, le risque d’interprétation erronée est grand.

Étape 3 : La recherche des informations additionnelles

Les montants, apparaissant aux bilans et comptes de résultat, doivent être confrontés à d’autres sources d’informations.

Parmi celles-ci, nous accordons une importance particulière à cinq catégories des documents :

  • Les rapports de gestion.
  • Les rapports des commissaires aux comptes.
  • Les annexes comptables.
  • Les plaquettes annuelles.
  • Les états financiers intermédiaires et prévisionnels.

Les rapports de gestion

Il s’agit du compte rendu des dirigeants aux actionnaires sur la gestion de l’entreprise. Ce rapport traite des résultats obtenus et des perspectives.

Pour l’analyste, ce rapport fournit donc des explications, la position et l’interprétation des dirigeants.

Dans certains cas, l’exposé développe les projets d’investissements, les orientations stratégiques.

Cependant, l’analyste doit rester prudent. Les dirigeants interprètent souvent la situation à leur avantage. L’objectivité, la rigueur ne constituent pas toujours leurs soucis.

L’autocritique est peu féconde. Pour justifier de faibles résultats, les facteurs externes sont fréquemment avancés.

La lecture du rapport de gestion est néanmoins indispensable, ne serait-ce que pour s’y opposer.

Les rapports des commissaires aux comptes

Les commissaires aux comptes étudient l’information comptable et expriment une opinion sur sa loyauté, son adéquation avec la réalité des transactions et des patrimoines dans le cadre des principes comptables.

Une analyse financière sophistiquée reposant sur des données comptables erronées serait vaine.

La constatation de la certification, de la certification avec réserves, du refus de certifier est un préalable essentiel.

L’auditeur légal s’exprime sur la fiabilité, la sincérité des états financiers sans garantir leur absolue exactitude.

Les méthodes utilisées par les commissaires aux comptes sont souvent statistiques.

L’analyste financier doit considérer les restrictions du commissaire aux comptes avant tout autre investigation.

En outre, le commissaire aux comptes peut être amené à s’exprimer sur la pérennité de l’entreprise, sur la pertinence des réponses apportées par les dirigeants aux difficultés de l’entreprise.

L’analyste financier doit être sensible à l’appréciation du commissaire aux comptes tant au niveau de l’information comptable qu’à celui des problèmes de gestion. Les rapports destinés au conseil d’administration seront utilisés.

Les annexes comptables

L’annexe est un document obligatoire. Les informations présentées aident le lecteur dans son évaluation des performances de l’entreprise.

Nous accordons une attention particulière à la présentation des méthodes comptables utilisées, notamment aux dérogations à l’application des règles du plan comptable général.

Les principes, les conventions, les pratiques comptables doivent être parfaitement maîtrisés par l’analyste financier. L’information doit être détaillée lorsque l’entreprise a le choix entre plusieurs pratiques ou lorsque la modalité d’application retenue par l’entreprise est peu courante.

L’analyste sera attentif aux changements de méthode. Il appréciera leurs effets sur les résultats de l’exercice.

La diversité des pratiques comptables a des effets significatifs sur l’évaluation des performances intrinsèques et sur les comparaisons inter-entreprises.

À titre d’exemple, nous pouvons évoquer deux entreprises de location de véhicules. L’une porte ses résultats de cession en résultat exceptionnel, l’autre en résultat d’exploitation. La lecture de l’annexe nous permet d’isoler l’incidence de ces pratiques comptables divergentes.

L’annexe fournit toutes les informations utiles pour apprécier le patrimoine et les performances de l’entreprise. L’objectif est l’obtention de documents de synthèse en harmonie avec les réalités économiques.
La notion d’image fidèle conduit à la prééminence du fonds sur la forme.

  • Règles et méthodes comptables

Certains points sont à souligner :

– Mention de l’application des conventions générales et des adaptations professionnelles par référence à l’avis du Conseil national de la comptabilité et, le cas échéant, indication des
dérogations (à motiver avec indication de leur influence sur le patrimoine, la situation financière et les résultats) :

_ aux hypothèses de base sur lesquelles est normalement fondée l’élaboration des documents de synthèse

_ aux règles générales d’établissement et de présentation des documents de synthèse, notamment à la dérogation sur la durée de l’exercice ;

_ à la méthode des coûts historiques (dans le respect du droit en vigueur).

– Lorsque pour certaines opérations, plusieurs méthodes sont également praticables, mention de la méthode retenue (pour l’évaluation des stocks, par exemple), et si nécessaire, justification de cette méthode (prise en compte d’un bénéfice sur opérations partiellement exécutées, par exemple).

– En cas de changement de méthode, justification de ce changement avec indication de son influence sur le patrimoine, la situation financière et les résultats.

  • Utilisation des informations relatives au bilan et au compte de résultat

Parmi les informations annexées, nous utilisons plus particulièrement :

L’état des échéances et des dettes à la clôture de l’exercice.

Cet état permet de mesurer le degré de liquidité des créances ainsi que le degré d’exigibilité des dettes.

Cette information est précieuse pour établir les bilans financiers et présenter les ratios de solvabilité et de structure.

Le montant des engagements financiers.

Cette information nous permet d’apprécier les effets escomptés non échus dont le retraitement est important pour l’établissement des tableaux de flux et la présentation des durées d’écoulement des créances commerciales.

Les engagements pris en matière de crédit-bail permettent d’apprécier l’incidence du retraitement du crédit-bail quant à la présentation des bilans fonctionnels et des soldes de gestion.

D’un point de vue général, ces informations autorisent une évaluation des passifs latents.

La ventilation du chiffre d’affaires.

Cette ventilation par catégories d’activités et par marchés géographiques permet une appréciation des composantes de la clientèle. L’appréciation des activités et des marchés permet de mesurer le dynamisme de l’entreprise et la continuité de sa gestion.

La répartition du montant global des impôts sur le bénéfice entre le résultat courant et le résultat exceptionnel en précisant les bases et taux d’imposition ainsi que les crédits d’impôts, avoirs fiscaux et imputations diverses, nous permet d’exprimer des soldes de gestion nets d’impôt sur les sociétés.

Cette analyse affine, notamment, l’étude de la rentabilité économique.

L’indication de la mesure dans laquelle le résultat a été affecté par des évaluations dérogatoires en vue d’obtenir des allégements fiscaux, permet de retraiter le résultat net et donc de mieux mesurer l’enrichissement de l’actionnariat et, en somme, la rentabilité financière.

L’effectif moyen employé pendant l’exercice (ventilé par catégorie) constitue une information autorisant une mesure de la productivité du personnel, de la valeur ajoutée créée par salarié.

Les comparaisons avec d’autres entreprises du même secteur d’activité permettent d’apprécier l’efficacité du facteur « travail ».

L’effectif moyen s’entend de l’effectif moyen salarié, d’une part, et mis à disposition de l’entreprise pendant l’exercice, d’autre part.

La plaquette annuelle

Ce document n’existe que pour les entreprises d’une certaine dimension. Il s’agit souvent d’un élément de diffusion d’une image positive de l’entreprise. Cependant, sa lecture est un moyen intéressant pour se familiariser avec l’entreprise.

Le contenu d’une plaquette peut être extrêmement varié. On y décrit souvent le ou les secteurs d’activité de l’entreprise, les activités, les installations, les produits ou les services commercialisés, les implantations géographiques, la présentation de l’effectif, l’évolution des ventes et des coûts, les caractéristiques de la structure financière.

Bien que flattant les perspectives de la société étudiée, les plaquettes constituent une première information facilitant l’appréhension de la firme.

Bien qu’empruntant la terminologie propre à l’analyse financière, ces documents demeurent des instruments de promotion. Toutes les informations diffusées par la plaquette devront être contrôlées par l’analyste.

Le défaut majeur des plaquettes annuelles est d’occulter les faiblesses de l’entreprise tout en mettant en exergue les aspects positifs de celle-ci.

Les états financiers intermédiaires et prévisionnels

Les utilisateurs de l’information financière ont besoin d’un flux d’informations plus régulier.

De nombreuses entreprises présentent des comptes trimestriels ou semestriels. Ce compte rendu périodique est souvent moins détaillé et moins vérifié. En général, il comporte un commentaire de la direction sur les résultats de la période couverte.

L’analyste financier utilise ces états financiers périodiques pour mettre à jour les informations annuelles et réviser les prévisions.

L’information prévisionnelle publiée par les entreprises constitue le point de vue chiffré des dirigeants sur l’avenir de l’entreprise.

L’analyste financier considère souvent ces affirmations comme un outil pour élaborer ses propres prévisions. La validation par le commissaire aux comptes des méthodes utilisées renforce la crédibilité des anticipations.

Les principaux problèmes sont relatifs à la préparation, la présentation, la vérification des états prévisionnels et à la responsabilité des dirigeants au regard des prévisions erronées.

L’analyste ne manquera pas, par la suite, de confronter les réalisations aux prévisions afin d’évaluer la qualité des anticipations émanant de la direction, la capacité des dirigeants à atteindre un objectif fixé souvent en concertation avec les partenaires financiers.

Étape 4 : Les techniques d’analyse

La méthode développée sera principalement l’analyse des états financiers par les ratios (plus de détails dans cet article). Les autres outils d’analyse financière ont été présentés précédemment (tableaux de flux, bilans fonctionnels et financiers, soldes de gestion, agrégats…). visiter la catégorie d’analyse financière ici

L’analyse des états financiers par la méthode des ratios consiste à utiliser des rapports significatifs pour évaluer une entreprise.

L’intérêt de la méthode est de réduire la multitude des chiffres contenus dans les états financiers à un nombre limité de rapports. Il s’agit donc d’un processus comptable dans la mesure où un ratio convertit des données brutes en une information.

Le rapport entre les deux grandeurs utilisées pour former le ratio doit être significatif. Un lien de cause à effet doit réunir le numérateur et le dénominateur. Le rapprochement des termes doit permettre de mieux comprendre l’entreprise.

Chaque analyste choisit ses ratios, sa façon de calculer les grandeurs financières de base. Nous constatons une grande variété des ratios utilisés.

À l’aide d’une vingtaine de ratios, un analyste peut établir un diagnostic précis sur les principaux aspects d’une situation financière.

Quatre catégories peuvent être distinguées :

Les ratios de liquidité. Leur objectif est de mesurer la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements à court terme.

Les ratios de structure. Leur objectif est d’apprécier les modes de financement choisis par le passé afin de mesurer la solvabilité de l’entreprise sur le moyen et long terme.

Les ratios de gestion. Leur objectif est d’évaluer l’activité et les coûts associés.

Les ratios de rentabilité. Leur objectif est de mesurer les conséquences en terme de profit d’un capital économique ou financier mis en place.

Étape 5 : la formulation du jugement et des recommandations

Six techniques sont applicables :

L’approche élémentaire

Cette approche consiste à évaluer chaque ratio isolément en termes de résultats positifs ou négatifs.

Cette méthode est souvent inadaptée compte tenu du comportement de la plupart des ratios. Pour de nombreux ratios, nous ne disposons pas d’un standard universel. Un résultat élevé sur tel ratio peut traduire une situation favorable comme une situation défavorable. La confrontation des ratios est nécessaire.

L’analyse des tendances

L’analyste considère les résultats des exercices passés afin de prédire l’évolution de l’entreprise. Plus nombreuses sont les années considérées plus les projections sont intéressantes. Pour être pertinente, l’analyse des tendances doit porter au moins sur cinq ans.

La comparaison avec le secteur d’activité

Il s’agit d’une analyse horizontale. La nature des activités conditionne les ratios. Pour de nombreux ratios, il est possible de se procurer des statistiques par secteur.

Ces chiffres représentent des moyennes intégrant des entreprises de tailles différentes, à rentabilités opposées.

Ces statistiques doivent être envisagées par l’analyste comme des chiffres minimaux et non idéaux.

Il est souvent préférable de comparer les résultats d’une entreprise avec ceux de quelques entreprises concurrentes ou avec ceux des entreprises les plus efficaces dans le secteur. Il est donc nécessaire de se procurer les chiffres de ces entreprises de référence.

La pertinence de ces comparaisons est limitée par la diversification des activités constatée au sein des entreprises.

Les résultats publiés regroupent des activités aux caractéristiques variées.

Dans certains cas, il sera difficile d’isoler des entreprises limitées à un secteur ou l’information sectorielle des entreprises pluri-secteurs.

La comparaison avec les objectifs de l’entreprise

Les budgets expriment les objectifs fixés. La démarche budgétaire peut faire l’objet d’une présentation sous forme de ratios. Une confrontation entre les performances réelles et les performances espérées débouche sur une analyse des écarts, une distribution des responsabilités, une appréciation des dirigeants.

L’interprétation

À ce stade, l’analyste porte un jugement. Il s’agit de la phase fondamentale de la démarche. Cette interprétation justifie les comparaisons et calculs préalables.

L’analyste s’intéresse essentiellement aux aspects défavorables de l’entreprise pour autant qu’ils soient significatifs.

Il essaie d’isoler les points tournants, les retournements, les inflexions susceptibles de révéler l’avenir.

Il tente d’apprécier les causes des écarts défavorables et propose des actions correctives.

Selon les objectifs de l’analyse, la prise de décision sera différente. Après avoir caractérisé une rentabilité faible et se dégradant, l’analyste proposera à l’investisseur de placer ces capitaux dans d’autres firmes, mais il suggéra aux gestionnaires l’élaboration d’un plan de redressement.

La méthode résiduelle

Une distinction doit être établie entre les variations touchant l’ensemble des entreprises d’un secteur et celles qui sont spécifiques à l’entreprise étudiée.

Les facteurs propres doivent être distingués des causes externes. Une baisse du chiffre d’affaires de l’ordre de 10 % lorsque l’activité du secteur baisse de 50 % peut révéler le dynamisme de la société étudiée.

La méthode résiduelle s’intéressant aux évolutions spécifiques, nécessite de nombreuses informations mais reste largement supérieure aux autres approches.

Pour tenir compte de l’interdépendance des ratios, des signaux contradictoires décelés, l’analyse doit être globale et nuancée.

Une analyse ratio par ratio est vaine.

La qualité des travaux d’un analyste dépend de ses compétences techniques mais aussi de son jugement issu d’une expérience réelle et d’un certain sens de l’entreprise. En cela, la méthode résiduelle est réservée aux analystes les plus chevronnés puisqu’elle requiert la connaissance à la fois de l’entreprise et de son environnement, de l’économie d’entreprise ainsi que de l’économie générale.

Il s’agit d’une méthode tant analytique que synthétique. L’analyste doit être capable de scinder les effets « micro » des effets « macro » tout en restant convaincu des profondes interactions entre les forces et les faiblesses de la cellule « entreprise » et celles de l’organisme « économie ».

Pour interpréter les résultats d’une entreprise, il faut connaître son environnement mais aussi la sensibilité de celle-ci à celui-là et inversement.

En ce sens, les outils d’analyse ne sont plus préalables mais s’élaborent au fil des travaux. Pour être menée à son terme, la méthode résiduelle requiert, d’une part, d’un outil informatique adapté à ses nouvelles exigences, d’autre part, une approche plus pragmatique de l’analyse financière.

La présentation du diagnostic financier

Un dossier d’analyse financière comporte trois aspects :

  • La mise en forme des données comptables.
  • Le diagnostic financier.
  • La synthèse et les perspectives.

Nous vous proposons un fil conducteur permettant d’intégrer des ratios significatifs.

Notre plan est le suivant :

– Analyse de l’activité

Vous devez préciser l’évolution du taux de croissance annuel du CAHT en décomposant l’évolution des volumes et l’évolution des prix. Les comparaisons avec les taux de croissance du secteur et des principaux concurrents sont essentielles. Les décompositions par famille de produits, zones géographiques, axes stratégiques doivent être appréciées. La place de l’entreprise sur son marché, ses soucis de diversification ou de spécialisation sont à circonstancier.

– Analyse de la politique financière

L’appréciation de la politique financière peut-être menée au regard du concept d’équilibre financier. L’équilibre financier d’une entreprise se manifeste par une capacité à maintenir une trésorerie active. L’équilibre financier est lié aux phénomènes d’activité et de rentabilité ; ces aspects ont été évoqués. Nous nous intéressons aux causes indépendantes ; il conviendra d’apprécier.

– La politique d’investissement

Le degré d’usure doit être apprécié. Une analyse stratégique complète l’analyse financière ; le défaut d’investissement comme le surinvestissement portent atteinte aux structures financières.

– La politique de financement à long et moyen terme

Il convient d’apprécier les multiples dépendances vis-à-vis des bailleurs de fonds, l’originalité, la pertinence des sources de financement.

– La gestion du cycle d’exploitation

Les évolutions des stocks, des créances d’exploitation, des dettes d’exploitation sont à apprécier.

L’importance de l’en-cours commercial est à rapprocher des conditions commerciales et financières obtenues. Le niveau des stocks et du crédit interentreprises dépend des arbitrages effectués.

– Synthèse et perspective

Ce dernier aspect permet de reprendre les principales forces et faiblesses de l’entreprise et de proposer des suggestions. Il convient d’apprécier le champ des possibilités de l’entreprise, ses marges de manœuvre, les rapports qui l’unissent à ses partenaires, le tempérament des dirigeants, la faculté d’adaptation du personnel, les contraintes juridiques et organisationnelles, les possibilités financières de l’actionnariat, l’attrait des produits commercialisés.

Cette ouverture exige de la part de l’analyste une formation pluridisciplinaire, une ouverture aux aspects commerciaux, techniques et humains de l’entreprise.

Conclusion

La faisabilité des suggestions de l’analyste financier est le gage de sa compétence.

L’environnement de l’entreprise doit être maîtrisé. Le diagnostic financier devient, à terme, une analyse stratégique, un diagnostic du présent pour suggérer un avenir, un pont entre la certitude du passé et la possibilité du futur, une méthodologie dont la valeur est liée à sa capacité de modification des comportements.

Source : UE 116 – Finance d’entreprise

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