La théorie de la répartition chez Adam Smith

La théorie de la répartition chez Adam Smith apparaît dans la richesse des nations comme le corollaire de la théorie des prix. Le prix de tout produit se compose de salaires, de rente du sol et de profit. Comme à l’époque d’Adam Smith, l’organisation de la production par des entrepreneurs indépendants de capitalistes prêteurs n’existe pas encore ; le profit n’est pas distingué de l’intérêt du capital.

Pour A. Smith le prix du produit annuel se résout en : salaires, profits et rentes. C’est la source primitive de tous les autres revenus.

Dans chaque société, il existe des taux moyens de salaire, de profit de rente.

I. Les salaires chez Adam Smith

Dans l’Etat primitif de la société, le produit appartient en totalité à l’ouvrier. Mais avec l’appropriation des terres et des capitaux, dont A. Smith ne nous dit pas par quel processus elle s’est développée, des déductions s’opèrent sur le produit du travail sous forme de profit et de rente.

Dans ces conditions comment se déterminent les salaires ? Mis à part une très petite minorité des ouvriers qui disposent de ses propres moyens de production, la très grande majorité travaille pour le compte des capitalistes qui mettent à sa disposition les moyens de production en contrepartie d’un prélèvement sur le produit du travail.

« C’est par la convention que se détermine le taux commun des salaires. Les ouvriers désirent gagner le plus possible ; les maîtres, donner le moins qu’ils puissent, les premiers sont disposés à se concentrer pour élever les salaires, les seconds pour les abaisser ».

Mais dans ce rapport de force, les capitalistes l’emportent presque toujours, pour les raisons suivantes :

1- Ils sont nombreux, ils peuvent par conséquent se concerter plus facilement.
2- La loi permet la coalition des-entrepreneurs et interdit celle des ouvriers.
3- Ils peuvent tenir plus longtemps en cas d’épreuve de force.

Certes, dans leur résistance aux complots des capitalistes, les ouvriers sont amenés quelques foie à recourir à des actes de violence.

Quelque fois ils se portent à la violence et aux derniers excès. Ils sont désespères, et agissent avec l’extravagance et la fureur de gens du désespoir, réduits à l’alternative de mourir de faim ou d’arracher à leurs maîtres, par la terreur, la plus prompte condescendance à leurs demandes ».

Mais en général ces actes se terminent par le châtiment ou la ruine des chefs d’émeute à la suite de l’intervention des magistrats ou simplement du fait de l’intransigeance des entrepreneurs.

Cependant, quel que soit le pouvoir des entrepreneurs, il y a un certain taux en deça duquel le salaire ne peut descendre d’une façon durable

« Il faut de toute nécessité qu’un homme vive de son travail, et que son salaire suffise au moins à sa subsistance ».

Dans certaines circonstances, les salaires peuvent augmenter : lorsque la demande de main d’oeuvre augmente d’une façon constante. Une concurrence s’instaure alors entre les employeurs qui offrent des salaires plus élevés que le taux qui asure le minium vital.

L’augmentation des salaires se traduit directement par la hausse des prix de plusieurs marchandises dont la consommation se réduit par conséquent. Les capitalistes réagissent alors en améliorant la divison du travail, en introduisant de meilleurs machines de telle manière à ce que quantité moindre de travail puisse produire d’avantage d’ouvrages : l’augmentation du prix de travail se trouve, ainsi, plus que compensé par la diminution de la quantité du travail nécessaire.

La baisse du taux des salaires en dessous du minimum vital est toujours concevable mais uniquement pour une très brève période. Car « la misère, la famine et la mortalité désoleraient bientôt cette classe et de là s’etendraient aux classes supérieures jusqu’à ce que le nombre des habitants se trouvât réduit a ce qui pourrait aisément subsister par la quantité de revenus et de capitaux qui y seraient restés ».

II. Les profits chez Adam Smith

Ils constituent un prélèvement sur le produit du travail. Ils sont la raison même de l’accumulation du capital. Le capitaliste « n’aurait pas d’intérêt à employer ces ouvriers, s’il n’attendait pas de la vente de leur ouvrage quelque chose de plus que le remplacement de son capital ».

Le taux de profit, à la différence de ceux des salaires et des rentes se fixes proportionnellement à l’étendue du capital avancé. Le capitaliste « n’aurait pas d’intérêt à employer un grand capital plutôt qu’un petit, si ses-profits n’étaient pas en rapport avec l’étendue du capital employé ».

Les taux de profit sont également influencés par plusieurs circonstances. L’auteur admet, toutefois « qu’il existe une structure relativement stable des taux de profit et une tendance à l’égalisation se ces taux dans les emplois. »

Du fait même de la tendance de chaque individu à poursuivre son propre intérêt et de la liberté qu il a cherché, pour ses capitaux, l’emploi le plus avantageux, il y a une tendance à l’égalisation des taux de profit.

« si, dans un meme canton, il y avait quelque emploi qui fût évidemment ou plus ou moins avantageux que tous les autres, tant de gens viendraient à s’y jeter dans un cas, ou à l’abandonner dans l’autres. »

Enfin, le profit englobe, l’intérêt. Celui-ci ne constitue, en fait, qu’une partie du profit que l’entrepreneur cède aux prêteurs qui mettent à sa disposition des capitaux. Le taux d’intérêt est nécessairement inférieur au taux de profit.

III. Les rentes foncières chez Adam Smith

La rente est également un prélèvement sur le produit du travail. Mais le principe de sa détermination est différent de celui qui préside-à la détermination des profits :

« La rente, considérée comme le prix payé pour l’usage de la terre. Lors de la stipulation des clauses du bail, le propriétaire fait tout ce qu’il peut pour ne laisser au fermier que ce qui est nécessaire pour remplacer le capital qui fournit la semence, paye le travail, achète et entretient bestiaux et autres instruments de labourage, et pour lui donner en outre es profits ordinaires que rendent les fermes dans le canton. »

la rente est ainsi la différence entre, d’un côté, le prix du produit agricole et, d’autre côté, la sonyne des charges occasionnées par ce produit et du profit ordinaire pour capitaux engagés. Elle résulte d’un monopole : celui de la propriété de la terre. C est un prix de monopole.

« la rente de la terre, considérée comme le prix pavé pour l’usage de la terre, est donc naturellement un prix de monopole ».

Article précédentla méthode UVA (Unité de Valeur Ajoutée)
Article suivantDéfinition et place de la revue analytique

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici